Pour la première fois depuis l’intensification des attaques houthies, des alertes aux raids aériens ont retenti vendredi soir dans la capitale saoudienne. Des explosions ont été entendues avant que les autorités ne donnent l’ordre de fin d’alerte.
Des sirènes d’alerte aux raids aériens ont retenti dans Riyad dans la nuit de vendredi à samedi, marquant une première depuis que les Houthis ont déclaré, en juillet, un « embargo maritime » contre l’Arabie saoudite et considérablement élargi le spectre de leurs opérations militaires. La Défense civile saoudienne a diffusé des alertes couvrant la capitale ainsi que plusieurs autres régions du royaume. Des journalistes présents sur place ont rapporté avoir entendu des explosions avant que les autorités ne lèvent l’alerte et invitent la population à éviter les rassemblements.
Ce regain de tension intervient dans un contexte d’escalade rapide entre Riyad et le mouvement armé yéménite soutenu par l’Iran. La semaine précédente, des drones et des missiles houthis avaient frappé plusieurs installations pétrolières saoudiennes, provoquant des incendies et l’arrêt temporaire de certaines opérations. Ces attaques ont eu des répercussions directes sur les marchés énergétiques mondiaux, contribuant à une hausse sensible des prix du carburant dans de nombreux pays, déjà fragilisés par la fermeture effective du détroit d’Ormuz à la suite des tensions entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
Les Houthis ont également pris le contrôle du port stratégique de Mokha et de l’île de Périm, verrou d’une route maritime cruciale que l’Arabie saoudite emprunte pour exporter son pétrole vers l’Asie et l’Europe. Leur porte-parole militaire a présenté ce blocus naval comme une riposte au blocus saoudien imposé aux ports et aéroports des zones yéménites sous contrôle houthi. Le porte-parole Yahya Sarea a par ailleurs affirmé que les frappes de drones et de missiles sur le territoire saoudien répondaient à plus de 450 raids aériens saoudiens menés en une semaine contre leurs positions.
Face à cette spirale, le prince héritier Mohammed ben Salmane, homme fort du royaume, aurait personnellement sollicité le président américain Donald Trump pour qu’il engage militairement les États-Unis contre les Houthis. Trump aurait décliné une intervention directe, proposant en revanche un soutien en matière de renseignement et de ciblage. Un haut responsable de l’administration américaine a indiqué que Washington maintenait « un dialogue continu avec l’Arabie saoudite et le gouvernement de la République du Yémen concernant la stabilité régionale ».
Le Conseil de sécurité des Nations unies a tenu une réunion d’urgence mardi, au cours de laquelle le gouvernement yéménite reconnu et l’Arabie saoudite ont réclamé des mesures plus fermes contre les Houthis, accusés d’utiliser le détroit de Bab el-Mandeb comme levier de pression économique. Les membres du Conseil ont convenu de la nécessité de préserver la liberté de navigation en mer Rouge pour éviter toute perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Le conflit yéménite, qui a débuté en 2014 avec la prise de Sanaa par les Houthis et s’est embrasé en 2015 avec l’intervention d’une coalition arabe conduite par Riyad, a fait plus de 150 000 morts selon les estimations disponibles. Plus de 22 millions de personnes dépendent aujourd’hui d’une aide humanitaire, selon les Nations unies, faisant du Yémen l’une des crises humanitaires les plus graves au monde.

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