Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk a appelé lundi à une désescalade immédiate au Yémen, où les rebelles houthis ont rompu la trêve de 2022 et intensifié leurs attaques, faisant des dizaines de morts parmi les soldats et les civils.
Cinquante-huit membres des forces gouvernementales yéménites ont été tués dans des attaques houthies menées principalement dans la province pétrolifère de Marib, selon une source militaire. Ces offensives, décrites comme les plus meurtrières depuis plusieurs années, ont été lancées au début du mois d’août, après que les rebelles soutenus par l’Iran ont rompu la trêve conclue en 2022 avec le gouvernement appuyé par l’Arabie saoudite.
Face à cette nouvelle flambée de violences, Volker Türk a pris la parole lundi. « J’exhorte toutes les parties à cesser immédiatement toute action risquant de replonger le Yémen dans un conflit généralisé », a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l’homme. Il a rappelé que le peuple yéménite avait « déjà beaucoup trop souffert des conséquences dévastatrices d’années de conflit, de déplacements et de crise humanitaire ».
Le bilan civil s’alourdit à mesure que les combats s’étendent. Deux civils ont été tués lors de bombardements houthis visant des zones résidentielles et des camps de déplacés à Marib. Depuis le 6 août, le bureau des droits de l’homme de l’ONU recense au moins sept civils tués et dix blessés dans des zones sous contrôle gouvernemental.
Les attaques ne se limitent pas aux zones terrestres. Le 9 août, des missiles et des drones houthis ont frappé le port de Mokha, sur la mer Rouge, tuant trois employés portuaires et en blessant quatre autres. Deux jours plus tard, une attaque contre un cargo dans le détroit de Bab al-Mandeb a coûté la vie à quatre membres d’équipage, trois Pakistanais et un Indonésien, selon le bureau onusien.
Des infrastructures civiles ont également été touchées, dont des installations de stockage de carburant et un ensemble résidentiel attenant à l’hôpital de campagne saoudien de Mokha. « Les attaques contre les infrastructures civiles risquent d’aggraver encore les souffrances des civils, alors qu’au moins 18 millions de Yéménites sont déjà en situation d’insécurité alimentaire », a averti Türk, ajoutant que « ces attaques doivent cesser immédiatement ».
Le Yémen traverse une guerre civile depuis plus d’une décennie. Le pays, le plus pauvre de la péninsule Arabique, s’était retrouvé le mois dernier au coeur du conflit impliquant l’Iran, dont les Houthis constituent l’un des principaux relais régionaux.
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