Un traité mondial majeur destiné à préserver la biodiversité en haute mer est entré en vigueur, offrant pour la première fois un cadre juridiquement contraignant afin de mieux protéger les océans situés en dehors des juridictions nationales. Cet accord, négocié pendant plus de quinze ans sous l’égide des Nations unies, vise notamment à lutter contre la surpêche et à atteindre l’objectif international de protéger 30 % des océans d’ici 2030.
Officiellement connu sous le nom de traité sur la biodiversité au-delà de la juridiction nationale (BBNJ), le texte permet la création d’un vaste réseau d’aires marines protégées dans des zones jusqu’ici largement dépourvues de réglementation. Ces espaces couvrent près des deux tiers de la surface océanique mondiale, soit environ la moitié de la planète, désormais placés sous un régime juridique commun.
Le traité est entré en vigueur après avoir franchi le seuil requis de ratifications nationales, dépassant aujourd’hui les 80 pays signataires. Des États majeurs comme la Chine, le Brésil et le Japon ont déjà ratifié l’accord, tandis que d’autres, dont le Royaume-Uni et l’Australie, devraient suivre. Les États-Unis ont signé le traité mais ne l’ont pas encore ratifié, ce qui pourrait peser sur son application à grande échelle.
Le texte impose aux États de réaliser des évaluations d’impact environnemental pour toute activité susceptible d’affecter les écosystèmes marins et prévoit des mécanismes de partage des bénéfices issus de l’économie bleue, notamment l’exploitation des ressources génétiques marines utilisées en biotechnologie ou en pharmacie. Les défenseurs de l’environnement estiment que plus de 190 000 nouvelles aires protégées devront être créées pour atteindre l’objectif « 30 pour 30 », alors qu’à peine 8 % des océans bénéficient aujourd’hui d’une protection formelle.
Malgré son ambition, le traité comporte toutefois des limites notables. Il ne s’applique pas directement à l’exploitation minière des fonds marins, une activité de plus en plus convoitée et régulée séparément par l’Autorité internationale des fonds marins. Plusieurs ONG estiment que cette exclusion laisse subsister l’une des principales menaces pesant sur les écosystèmes océaniques.
Les promoteurs du traité soulignent néanmoins qu’il s’agit d’une avancée historique, posant les bases d’une gouvernance mondiale des océans. Son efficacité dépendra désormais de sa ratification la plus large possible et de la volonté politique des États à traduire ces engagements en protections concrètes sur le terrain marin.
