Le président par intérim Ahmed el-Charaa a dévoilé samedi un nouveau gouvernement qui se veut représentatif de la diversité syrienne, dans un pays ravagé par treize années de guerre civile. Ce cabinet, qui ne compte pas de Premier ministre, comprend notamment une femme et des ministres issus des communautés druze, kurde et alaouite.
Si l’exécutif se présente comme inclusif, il reste largement dominé par les fidèles d’el-Charaa. Assaad al-Chaibani conserve le ministère des Affaires étrangères, Mourhaf Abou Qasra reste à la Défense, tandis qu’Anas Khattab, chef des Renseignements généraux, prend le portefeuille de l’Intérieur. Hind Kabawat, une femme chrétienne, est nommée aux Affaires sociales et du Travail. Raed al-Saleh, ex-chef des Casques Blancs, hérite du ministère des Situations d’urgence.
Cette annonce intervient alors que le pays est secoué par des massacres à caractère confessionnel, notamment contre les Alaouites, minorité dont était issu Bachar al-Assad. La communauté internationale appelle à une transition apaisée, mais le pouvoir intérimaire concentre pour l’instant tous les leviers.
Une transition de cinq ans sous haute surveillance
Proclamé président en janvier, el-Charaa dispose des pleins pouvoirs pour une période transitoire de cinq ans, avant d’éventuelles élections sous une nouvelle Constitution. Mais selon Human Rights Watch, la déclaration constitutionnelle adoptée récemment lui accorde un contrôle total sur l’exécutif, le législatif et la justice, sans véritable contre-pouvoir.