Le Premier ministre indien Narendra Modi a entamé une visite d’État à Tachkent, où il s’entretient avec le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev avant de rejoindre le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai au Kirghizistan.
C’est sa quatrième visite en Ouzbékistan. Narendra Modi a atterri à Tachkent samedi 29 août, accueilli par le président Shavkat Mirziyoyev. Sur le réseau X, le Premier ministre indien a remercié son homologue pour « le geste particulier » réservé à son arrivée, soulignant que ce déplacement reflète « la profondeur et la dynamique croissante » des relations bilatérales entre les deux pays.
Les deux dirigeants ont dîné ensemble samedi soir. Des entretiens formels sont prévus dimanche au palais présidentiel, portant sur le commerce, l’investissement, la connectivité numérique, la défense et l’énergie. Modi a évoqué une vision commune résumée par les slogans « Viksit Bharat » (Inde développée) et « Yangi Uzbekistan » (Nouvelle Ouzbékistan), formules politiques respectives des deux gouvernements.
À l’issue de cette étape ouzbèke, Modi se rendra au Kirghizistan pour le 26e sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Il y est notamment attendu pour une rencontre bilatérale avec le président russe Vladimir Poutine.
Ce déplacement intervient dans un contexte tendu pour l’Inde : au moins 320 ressortissants indiens restaient portés disparus vendredi soir dans les inondations qui ont frappé la frontière entre le Népal et le Tibet. Un effondrement glaciaire survenu mercredi a déclenché un torrent de roches, de glace et de boue, faisant plus de 600 morts au Népal et dans la région chinoise du Tibet, avec plus de 2 000 personnes toujours disparues. Parmi les Indiens, 84 ont été secourus, dont 21 originaires du Tamil Nadu déjà rentrés en Inde, et 63 travaillant sur le chantier de la centrale hydroélectrique Trishuli-I au Népal. Quelque 400 autres se trouvent en sécurité en Chine, où l’ambassade indienne à Pékin coordonne leur évacuation. New Delhi a dépêché un troisième vol de secours vendredi soir, accompagné d’une équipe médicale et de sauvetage de onze personnes.
Sur le front judiciaire, la police de Calcutta a enregistré samedi une plainte formelle contre l’ancienne cheffe du gouvernement du Bengale-Occidental, Mamata Banerjee, pour violation présumée d’une ordonnance du tribunal de grande instance de Calcutta. Celle-ci avait autorisé la tenue d’un rassemblement de la branche jeunesse de son parti Trinamool Congress sur Cathedral Road, à condition qu’une voie de circulation reste ouverte. Selon la police, cette condition n’a pas été respectée et la durée autorisée a été dépassée. Les forces de l’ordre affirment également que des militants ont « forcé les barrières et bousculé les policiers ». Banerjee, qui a dirigé le Bengale-Occidental pendant quinze ans, a été écartée du pouvoir plus tôt cette année par le Bharatiya Janata Party de Modi.
Par ailleurs, des responsables du Congrès national indien ont accusé la maison d’édition Penguin India d’avoir renoncé à publier les mémoires de Sonia Gandhi sous pression politique. L’ouvrage, intitulé « Belonging : A Journey of Love », doit paraître le 10 novembre aux États-Unis chez Alfred A. Knopf, filiale de Penguin Random House. Le dirigeant du Congrès Ashok Gehlot a affirmé sur X que des passages concernant Modi, le RSS et l’occupation de territoire indien par la Chine auraient motivé ce retrait. Penguin India a démenti, indiquant que la rupture résultait d’un désaccord sur des recommandations éditoriales et que l’éditeur restait « disposé et désireux » de publier le livre.
Enfin, Mohan Bhagwat, chef du Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), organisation nationaliste hindoue dont le BJP de Modi est issu, devait prendre la parole samedi devant quelque 5 000 personnes à l’Infosys Theater du Madison Square Garden à New York. L’événement, baptisé « Universal Oneness Celebration », a suscité des protestations, une condamnation du maire de la ville Zohran Mamdani et un appel à des sanctions de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF), qui qualifie le RSS d’organisation dont des sous-groupes ont « perpétré des attaques contre des minorités religieuses ». Le ministère indien des Affaires étrangères a rejeté ces déclarations, jugeant la commission partiale et dépourvue de crédibilité.
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