Luigi Mangione a reconnu sa culpabilité vendredi devant un tribunal fédéral de Manhattan pour le meurtre de Brian Thompson, directeur général d’UnitedHealthcare, abattu en décembre 2024. Il risque la prison à vie.
« J’ai tiré sur M. Thompson à Manhattan et il est mort. » C’est en ces termes que Luigi Mangione a reconnu les faits devant la cour fédérale de Manhattan, scellant un plaidoyer de culpabilité pour des charges de harcèlement criminel liées à la mort du PDG d’UnitedHealthcare.
Brian Thompson avait été abattu de trois balles dans le dos le 4 décembre 2024, alors qu’il se rendait à pied à la conférence annuelle des investisseurs d’UnitedHealth Group, dans un hôtel du quartier de Midtown Manhattan. Mangione, selon les procureurs, avait spécialement fait le déplacement à New York pour commettre ce meurtre.
Le juge a accepté le plaidoyer et fixé la date de prononcé de la peine en décembre. Sur les deux chefs d’accusation de harcèlement retenus, Mangione encourt la réclusion criminelle à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Le procureur fédéral de Manhattan, Jamie McDonald, a d’ores et déjà annoncé qu’il demanderait cette peine maximale. « Il ne peut y avoir de célébrité dans l’assassinat », a-t-il déclaré aux journalistes.
Mangione avait initialement plaidé non coupable de meurtre, de port d’arme illégal et de harcèlement. Plus tôt cette année, le juge avait écarté les charges de meurtre et d’arme pour des raisons de procédure, ne conservant que les charges de harcèlement et écartant du même coup toute possibilité de peine de mort fédérale.
Devant le tribunal, l’accusé a justifié son geste en évoquant « des années de douleurs intenses dues à une fracture vertébrale » et les difficultés rencontrées face au système d’assurance maladie américain. Il a précisé avoir fabriqué une partie de l’arme utilisée à l’aide d’une imprimante 3D.
Son avocate, Karen Friedman Agnifilo, a immédiatement pris la parole à la sortie du tribunal pour réclamer l’abandon des poursuites parallèles engagées par l’État de New York, où Mangione fait toujours face à des charges de meurtre, de port d’arme et de falsification. Elle a invoqué la protection contre la double incrimination, principe selon lequel un accusé ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits.
L’affaire a suscité des réactions contrastées aux États-Unis. Si des partisans de Mangione ont assisté à chacune de ses comparutions et que certains l’ont présenté comme un symbole de la colère contre le système de santé américain, des voix conservatrices, dont celle du président Donald Trump, ont réclamé une sanction sévère. À la sortie du palais de justice, un homme a crié « L’Amérique aime Luigi » en direction des proches de Thompson qui quittaient les lieux dans un convoi de SUV noirs.
La famille de Brian Thompson a réagi dans un communiqué, qualifiant ce plaidoyer d’« étape importante vers la justice » tout en demandant que la peine prononcée soit « à la hauteur de la gravité du crime ». L’épouse du PDG, Paulette Thompson, avait les larmes aux yeux pendant toute la durée de l’audience.
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