Dix pays membres des BRICS se retrouvent à New Delhi pour leur 18e sommet. L’alliance, qui se veut le porte-voix du Sud global, doit composer avec des intérêts de plus en plus difficiles à concilier.
L’Inde accueille cette fin de semaine le 18e sommet des BRICS, réunissant autour d’elle neuf autres membres : la Chine, la Russie, le Brésil, l’Iran et les Émirats arabes unis, entre autres. L’exercice est connu : afficher un front commun, incarner une alternative au bloc occidental, donner corps à la notion de Sud global.
Mais derrière la façade unitaire, les fractures s’accumulent. Les intérêts des membres divergent sur des dossiers économiques, géopolitiques et diplomatiques, rendant chaque sommet plus délicat que le précédent. La Chine et l’Inde, premières et troisième économies mondiales respectivement, entretiennent des relations marquées par une rivalité structurelle. La présence de la Russie, sous sanctions occidentales depuis l’invasion de l’Ukraine, complique les positions de membres soucieux de leurs relations avec Washington ou Bruxelles. L’Iran, lui, apporte ses propres tensions régionales dans l’équation.
La question du poids réel de l’alliance se pose avec une acuité particulière. Les BRICS représentent une part significative de la population mondiale et du PIB global, mais leur capacité à traduire ce poids démographique et économique en influence politique coordonnée reste limitée. L’élargissement du groupe, amorcé ces dernières années, a ajouté de la diversité sans nécessairement renforcer la cohésion.
Le sommet de New Delhi devra donc répondre à une question simple : qu’est-ce qui tient encore ensemble des États aux agendas aussi disparates ? La réponse conditionnera la crédibilité future d’un bloc qui se présente comme le contrepoids du G7, mais peine à parler d’une seule voix.

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