La Moldavie a engagé les dernières démarches juridiques pour finaliser son retrait de la Communauté des États indépendants (CEI), organisation régionale dominée par la Russie et créée après l’effondrement de l’Union soviétique, a annoncé le ministre moldave des Affaires étrangères, Mihai Popsoi. Cette étape vise à mettre un terme formel à une appartenance déjà suspendue de facto depuis plusieurs années.
S’exprimant à la radio publique, le chef de la diplomatie a précisé que Chisinau procédait à la dénonciation de trois accords fondateurs signés en 1991. Selon lui, cette décision permettra de clore définitivement le statut juridique du pays au sein de la CEI, alors que la Moldavie a cessé de participer à toutes les activités de l’organisation depuis 2023.
Cette évolution s’inscrit dans la ligne politique de la présidente pro-européenne Maia Sandu, qui ambitionne de voir la Moldavie rejoindre l’Union européenne d’ici la fin de la décennie. Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, Sandu accuse régulièrement Moscou de chercher à déstabiliser son pays et de s’ingérer dans ses affaires intérieures.
État parmi les plus pauvres d’Europe, coincé entre l’Ukraine et la Roumanie, membre de l’UE, la Moldavie a connu au fil de son histoire récente des alternances politiques marquées entre rapprochement avec la Russie et orientation occidentale. Réélue en 2024, Maia Sandu a vu son parti Action et Solidarité conserver la majorité parlementaire, renforçant ainsi le cap pro-européen du pays.
La décision de se retirer définitivement de la CEI suscite toutefois des critiques dans l’opposition. L’ancien président Igor Dodon, figure du Parti socialiste prorusse, a qualifié ce choix d’« inacceptable », estimant qu’il nuirait aux intérêts stratégiques de la Moldavie et à ses relations régionales.
Des analystes soulignent néanmoins que cette rupture institutionnelle ne signifie pas un isolement diplomatique. Selon le politologue Vitalii Andrievschii, la Moldavie continuera à développer des relations bilatérales avec les autres ex-républiques soviétiques, tout en jugeant inutile de rester dans une organisation qu’il considère comme largement contrôlée par Moscou.








