Le Parlement grec a adopté jeudi une loi controversée autorisant les employeurs du secteur privé à prolonger la durée du travail jusqu’à 13 heures par jour dans certaines conditions, suscitant une vive contestation parmi les syndicats et les travailleurs. Cette réforme, défendue par le gouvernement comme un moyen de flexibiliser le marché du travail, intervient dans un climat de tension sociale alimenté par une inflation persistante et des salaires stagnants.
Le texte prévoit notamment la possibilité de cumuler deux emplois à temps partiel pouvant atteindre ensemble 78 heures hebdomadaires, une mesure que le gouvernement présente comme une adaptation aux réalités économiques modernes. Mais pour de nombreux Grecs, cette loi marque un recul des droits sociaux durement acquis, et risque d’exacerber la précarité plutôt que de créer de nouvelles opportunités.
Des milliers de manifestants se sont rassemblés devant le Parlement à Athènes lors d’une grève générale organisée par les principaux syndicats du pays. Brandissant des pancartes dénonçant « l’esclavage moderne », ils ont exprimé leur rejet d’un modèle qu’ils jugent épuisant et incompatible avec une vie décente, en particulier dans un pays où le pouvoir d’achat reste faible malgré la reprise économique affichée par le gouvernement.
Les syndicats dénoncent également l’absence de véritables négociations sociales autour du texte, adopté en dépit d’un large mécontentement populaire. Ils craignent que cette réforme n’encourage les abus et ne creuse encore davantage les inégalités dans un pays toujours marqué par les séquelles de la crise financière des années 2010.
Le gouvernement, de son côté, insiste sur la nécessité d’attirer les investissements étrangers et de moderniser le droit du travail, affirmant que la flexibilité profitera à long terme à l’économie nationale. Mais sur le terrain, l’incompréhension domine, et plusieurs mouvements sociaux prévoient de poursuivre la mobilisation dans les semaines à venir.
