L’Indonésie a annoncé vendredi avoir formé jusqu’à 20 000 soldats en vue d’une éventuelle mission de maintien de la paix à Gaza, principalement axée sur les besoins sanitaires et la reconstruction. Jakarta fait partie des pays sollicités par les États-Unis pour participer à une force multinationale chargée de stabiliser l’enclave après des mois de guerre.
Selon le ministre indonésien de la Défense, Sjafrie Sjamsoeddin, aucune décision définitive n’a encore été prise concernant le déploiement, le calendrier ou le mandat des troupes, reflétant l’incertitude qui entoure encore la mise en place d’une présence internationale à Gaza. Il a précisé que les unités préparées se concentreraient sur des missions humanitaires et d’ingénierie plutôt que sur des opérations de combat : « Nous attendons d’autres décisions concernant l’action de paix à Gaza. »
La semaine dernière, Reuters révélait qu’un projet américain prévoyait qu’une telle force soit autorisée à « utiliser toutes les mesures nécessaires » pour démilitariser Gaza, sécuriser les frontières, protéger les civils et encadrer une future police palestinienne. L’Indonésie, pays musulman le plus peuplé du monde et fervent soutien de la cause palestinienne, figure parmi les partenaires envisagés aux côtés de l’Azerbaïdjan, de l’Égypte et du Qatar.
Jakarta a rappelé qu’un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU serait indispensable avant tout engagement, conformément à sa doctrine en matière de maintien de la paix. Le président indonésien, Prabowo Subianto, a réaffirmé à l’ONU en septembre que son pays était prêt à déployer 20 000 soldats voire davantage si une résolution internationale venait à être adoptée. Le chef de l’État discutera de l’initiative américaine avec le roi Abdallah de Jordanie, en visite à Jakarta.
Partisane de longue date d’une solution à deux États, l’Indonésie condamne régulièrement les violences à Gaza et apporte une aide humanitaire aux civils palestiniens. Les analystes notent toutefois une évolution nuancée de la politique étrangère du président Prabowo, qui a récemment insisté sur la nécessité de garantir à la fois un État palestinien indépendant et la sécurité d’Israël.
