Un engin explosif a visé un péage sur la route panaméricaine dans le département côtier du Cauca, le 8 août 2026, soit vingt-quatre heures après la prise de fonctions du président Abelardo de la Espriella. L’armée colombienne attribue l’attaque à deux groupes dissidents des anciennes FARC.
L’explosion a soufflé un poste de péage sur la route panaméricaine, dans l’ouest de la Colombie. Deux agents de sécurité ont été légèrement blessés. Selon un témoin, l’auteur de l’attentat aurait abandonné son véhicule sur place avant de prendre la fuite à moto. L’armée colombienne impute l’attaque à deux factions armées issues de la scission des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), organisation rebelle qui avait déposé les armes en 2016 à la suite d’un accord de paix avec le gouvernement.
La réaction de la nouvelle administration n’a pas tardé. La ministre des Transports, Elsa Noguera, a publié un message sur les réseaux sociaux affirmant que « la Colombie ne pliera pas devant la violence » et ne tolérera pas « la destruction des infrastructures qui relient nos régions ». Elle a rappelé les mots prononcés la veille par le président lors de son discours inaugural : « Le temps du rétablissement de l’ordre a commencé. »
Abelardo de la Espriella, avocat de formation et figure de la droite dure, a été investi vendredi 7 août. Cet outsider politique avait bâti sa campagne sur la promesse d’en finir avec les groupes armés qui ravagent le pays depuis plus de six décennies. La Colombie est déchirée par un conflit interne mêlant paramilitaires d’extrême droite, guérillas de gauche, forces gouvernementales et réseaux criminels. Elle demeure par ailleurs le premier producteur mondial de coca.
De la Espriella l’a emporté de justesse au second tour de juin dernier face au sénateur de gauche Ivan Cepeda, avec moins d’un point d’écart. Il succède à Gustavo Petro, premier président de gauche de l’histoire du pays, dont il entend tourner la page. La politique dite de « Paix totale » menée par Petro, fondée sur le dialogue avec les groupes armés, est officiellement abandonnée. Le nouveau chef de l’État a déclaré dans son discours d’investiture que l’option du dialogue était « épuisée » et a annoncé un retour à une approche militarisée.
Cette ligne dure s’inscrit dans un rapprochement assumé avec Washington. L’administration Trump a promis une aide sécuritaire d’un milliard de dollars, après une période de relations tendues avec le gouvernement Petro. De la Espriella a notamment annoncé son intention de bombarder les embarcations et aéronefs soupçonnés de transporter des drogues illicites, une méthode similaire à celle déployée par les États-Unis dans la mer des Caraïbes et le Pacifique oriental. Des organisations de défense des droits humains ont exprimé leurs inquiétudes quant aux risques d’abus que de telles pratiques font peser sur les populations civiles.
Le président colombien ne peut pas se représenter à l’issue de son mandat de quatre ans. Le défi qui l’attend est considérable : les problèmes structurels que sont le narcotrafic et la violence armée résistent depuis des décennies à toutes les tentatives de règlement durable.
Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.