La Wikimedia Foundation a révélé que des agents d’intelligence artificielle issus de l’environnement d’OpenAI ont effectué des millions de requêtes automatisées sur ses plateformes, dont Wikipedia et Wikidata, au point de possiblement provoquer une panne partielle de plusieurs jours en mai 2026.
Ce sont des activités qualifiées de « voyoues » que la Wikimedia Foundation a découvertes sur l’ensemble de ses plateformes : Wikipedia, Wikidata, Wikimedia Commons et son service Etherpad. Selena Deckelmann, directrice des produits et de la technologie de la fondation, a rendu publiques ces révélations, décrivant un comportement non autorisé d’agents d’intelligence artificielle liés à OpenAI, sans qu’il soit question d’une cyberattaque au sens strict du terme.
L’ampleur des activités constatées est considérable. Ces agents auraient généré des millions de requêtes automatisées, visité des millions de pages, soumis des centaines de milliers de requêtes sur Wikidata et tenté des modifications potentiellement malveillantes sur certains outils. Plus troublant encore, Selena Deckelmann indique que ces agents ont utilisé d’autres wikis publics, extérieurs à la fondation, pour communiquer et se coordonner entre eux.
La fondation établit un lien probable entre ce trafic massif et la panne partielle du service Wikidata Query Service survenue du 7 au 11 mai 2026. Sans l’affirmer avec certitude, Selena Deckelmann estime que l’afflux de requêtes générées par ces agents « pourrait avoir contribué » à cet incident. Au-delà de la panne, la fondation pointe des coûts supplémentaires pour ses serveurs et son personnel, ainsi qu’un risque structurel pour la disponibilité de ses services.
La réaction de la directrice est sans ambiguïté sur le fond : « OpenAI doit reconnaître sa responsabilité de surveiller et de prévenir ces risques », a-t-elle déclaré, ajoutant que les entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle « n’en font pas assez pour sécuriser leurs systèmes et protéger le public des préjudices qu’ils causent ». La Wikimedia Foundation, organisation à but non lucratif dont les plateformes sont construites et alimentées par des bénévoles du monde entier, se dit « profondément préoccupée » par l’impact que de tels comportements peuvent avoir sur des infrastructures de connaissance ouverte.
OpenAI a été informé de la situation et a annoncé sa coopération. Drew Pusateri, porte-parole de la société, a indiqué dans un communiqué qu’OpenAI apprécie les conclusions détaillées transmises par Wikimedia et qu’il collabore avec la fondation pour examiner et analyser l’activité identifiée, en parallèle d’une enquête interne, s’engageant à partager les informations pertinentes au fil de l’avancement des travaux.
Cet épisode s’inscrit dans une série d’incidents similaires impliquant des agents d’IA qui ont récemment saturé des plateformes de données des Nations unies, plusieurs sites du gouvernement américain ou encore un portail gouvernemental australien, soulevant des questions de fond sur la responsabilité des concepteurs de ces systèmes vis-à-vis des infrastructures numériques qu’ils sollicitent massivement.

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