Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a laissé entendre que l’Allemagne pourrait réintroduire le service militaire obligatoire dès l’an prochain, si le nombre de volontaires pour intégrer la Bundeswehr, l’armée allemande, ne suffit pas à répondre aux besoins du pays. Cette déclaration a été faite lors d’un entretien accordé au Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung, publié ce samedi.
Face aux défis sécuritaires croissants en Europe, exacerbés par l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, l’Allemagne entend renforcer sa posture militaire au sein de l’OTAN. Le pays estime avoir besoin de 100 000 soldats supplémentaires dans les années à venir pour répondre aux exigences de l’Alliance. Or, malgré les campagnes de recrutement en cours, les autorités redoutent de ne pas atteindre cet objectif par la seule voie du volontariat.
« Notre modèle est initialement basé sur la participation volontaire », a déclaré Boris Pistorius. « Si le moment arrive où nous avons plus de capacité disponible que les inscriptions volontaires, alors nous pourrons décider de la rendre obligatoire. » Un projet de loi permettant un tel changement pourrait, selon lui, entrer en vigueur dès le 1er janvier 2026.
Le service militaire obligatoire avait été aboli en Allemagne en 2011. Depuis, la Bundeswehr repose sur un modèle d’armée professionnelle, basé sur le volontariat. Toutefois, les tensions géopolitiques actuelles et les objectifs ambitieux de modernisation des forces armées remettent cette stratégie en question. Les conservateurs allemands, partenaires de coalition du Parti social-démocrate (SPD) de Pistorius, se sont déjà montrés favorables à un retour du service obligatoire dans ce contexte.
Andreas Henne, commandant de la division de la sécurité intérieure allemande, a appuyé cette démarche en soulignant, dans un entretien au média t-online, l’urgence d’accélérer les efforts en matière de recrutement. « Nous avons pris la bonne voie, mais il nous faut maintenant accélérer le rythme. En termes d’équipements, d’extension des infrastructures et, surtout, de personnel », a-t-il déclaré.
Jusqu’ici, le SPD s’est toujours montré réticent à l’idée d’un service militaire imposé, privilégiant les mesures incitatives pour attirer de nouvelles recrues. Mais face à la lente progression des effectifs et à l’évolution du contexte international, la ligne politique pourrait évoluer. La réintroduction du service obligatoire, même partiel, marquerait un tournant majeur dans la stratégie de défense de l’Allemagne contemporaine.








