POLITIQUE France

Airbags Takata : le gouvernement impose le prêt d’un véhicule 

Airbags Takata : Speedy, Norauto et d’autres garagistes refusent certains véhicules jugés trop dangereux
Airbags Takata : Speedy, Norauto et d’autres garagistes refusent certains véhicules jugés trop dangereux

Le gouvernement hausse le ton face à la lenteur des rappels liés aux airbags défectueux Takata. Désormais, les constructeurs automobiles auront l’obligation de fournir un véhicule de remplacement aux clients dont la voiture est immobilisée plus de quinze jours. Cette mesure, annoncée mardi par le ministère des Transports, cible une situation jugée inacceptable : à l’heure des départs en vacances, des milliers de véhicules restent à l’arrêt, et leurs conducteurs sur le carreau. Sur les 1,7 million de voitures potentiellement dangereuses en circulation en France, un tiers au moins nécessite une intervention rapide. L’arrêté, qui paraîtra au Journal officiel mercredi, prévoit également une obligation de réparation dans un délai moyen de quinze jours après la prise de rendez-vous. Faute de quoi, les constructeurs s’exposeront à des astreintes financières lourdes (jusqu’à un million d’euros par semaine de retard). En clair, plus question de temporiser : l’État entend mettre la pression.

Des rappels encadrés sous haute surveillance

L’arrêté ne se contente pas d’imposer des délais. Il rend également obligatoire la mise en place de réparations à domicile ou de remorquage du véhicule défectueux vers un garage agréé. En parallèle, tous les véhicules équipés d’airbags Takata doivent être rappelés, en particulier ceux immatriculés avant 2011 en métropole (hors Corse), ainsi que l’ensemble des véhicules concernés en Corse et en Outre-mer. Ces derniers devront être immobilisés immédiatement. Plus de 600 000 véhicules supplémentaires font désormais l’objet d’un rappel officiel, sans immobilisation immédiate, mais avec obligation de réparation. Le ministère exige par ailleurs que les constructeurs publient un rapport hebdomadaire dès le 30 juillet, détaillant les actions entreprises. 

Sept jours pour corriger le tir, sous peine de sanctions

Seul le groupe Renault échappe à cette vague de mises en cause. Les constructeurs devront également déployer des campagnes d’information répétées à la radio, dans la rue, ou même en porte-à-porte, notamment dans les DOM-TOM, où les rappels accusent un retard préoccupant. Les automobilistes qui n’ont pas encore reçu de notification sont appelés à vérifier eux-mêmes si leur véhicule est concerné, via le numéro VIN inscrit sur leur carte grise. Avec ces nouvelles obligations, l’État espère accélérer un processus de rappel largement critiqué pour sa lenteur, et mettre un terme à une situation où sécurité et mobilité sont devenues incompatibles.

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