"La Formule 1 était pour moi un milieu inaccessible" : Isack Hadjar se confie sur France Inter
"La Formule 1 était pour moi un milieu inaccessible" : Isack Hadjar se confie sur France Inter

Invité de l’émission À la régulière sur France Inter, Isack Hadjar est revenu sur son parcours, ses débuts, son rapport à la Formule 1 et son arrivée chez Red Bull Racing. L’entretien démarre à Monaco, un circuit que Hadjar associe directement à Ayrton Senna. « Quand j’étais petit, c’était Ayrton Senna mon idole », explique-t-il, avant de rappeler que le Brésilien était pour lui le « king de Monaco ». Le Français dit avoir beaucoup travaillé ce tracé au simulateur et en vidéo, au point d’y ressentir une affinité particulière.

Hadjar raconte aussi que sa première victoire à Monaco, en Formule régionale en 2021, l’a marqué : « J’étais sur un nuage », résume-t-il.

Sur la difficulté du circuit, le pilote insiste surtout sur la qualification. À Monaco, explique-t-il, la course du dimanche laisse peu de place aux dépassements : le week-end se joue donc largement sur « la performance pure sur un tour ». Sa formule est nette : à Monaco, « 101%, c’est-à-dire que tu es dans le mur ». Lors de la séance d’essais libres de vendredi à Monaco, dont le Grand Prix a lieu ce dimanche, Isack Hadjar est d’ailleurs parti dans le mur.

« J’étais fan de Senna avant d’être fan de Formule 1« 

Isack Hadjar explique avoir découvert la F1 à travers le documentaire consacré à Ayrton Senna. Avant même de suivre le championnat, il dit avoir été attiré par le pilote lui-même : « J’étais fan de Senna avant d’être fan de Formule 1. » Il cite aussi les vidéos et compilations vues sur YouTube lorsqu’il était plus jeune. Ce qui l’intéressait chez Senna, selon lui, était autant le personnage que le pilote : son agressivité en piste, mais aussi son comportement en dehors du circuit.

Cars, Flash McQueen et les débuts en kart

Isack Hadjar revient ensuite sur l’origine de son goût pour les voitures. Il associe ses premiers souvenirs au film Cars. « Mes premiers souvenirs depuis que je suis sur cette terre, c’est Cars », dit-il dans l’entretien. Il évoque aussi ses petites voitures et ses circuits imaginaires dans l’appartement familial.

Le passage au karting se fait très tôt. Hadjar raconte être monté dans un kart à cinq ans et s’en souvenir précisément. Ce n’était pas seulement une activité ponctuelle : « J’étais obsédé par ça », dit-il, avant d’ajouter : « C’est ma drogue. »

Une précocité assumée

Interrogé sur son âge et sur la pression liée au fait de rouler au plus haut niveau à 21 ans, Hadjar reconnaît que son parcours est précoce. Mais il dit aussi avoir grandi avec des exemples de sportifs très jeunes déjà au sommet, notamment Kylian Mbappé et Mike Tyson. « À cet âge-là, ils ont réussi à faire ça. Moi, j’ai envie de faire mieux », explique-t-il. Il ajoute que, lorsqu’on vise le très haut niveau, cette précocité devient presque une norme : « C’est la norme si tu veux être fort dans ton sport. »

Une F1 devenue plus populaire

Isack Hadjar constate aussi le changement de statut de la Formule 1. Selon lui, le sport était beaucoup plus confidentiel lorsqu’il était enfant. À l’école, il dit avoir été « solo dans [son] délire » autour de la F1 et du sport automobile. Il identifie un tournant avec l’arrivée de Netflix et la médiatisation moderne de la discipline. « Il y a vraiment eu un avant-après », explique-t-il. Aujourd’hui, selon lui, la F1 est suivie par des publics « très différents », comme n’importe quel sport populaire.

« C’est un projet familial« 

Hadjar insiste sur le rôle de ses parents dans son parcours. Il décrit son arrivée en F1 comme le résultat d’un engagement partagé : « C’est un projet familial. » Le pilote dit espérer que son parcours pourra servir d’exemple à d’autres jeunes. « J’espère que ça va être inspirant pour les générations futures », explique-t-il. Il mentionne aussi des « moments de doute » et des « moments très compliqués ». Ses parents, raconte-t-il, ne l’ont pas freiné malgré le caractère très fermé du sport automobile. « Ils m’ont laissé innocent dans mon approche », dit-il.

Les mangas, Dragon Ball et une mentalité de combat

L’entretien aborde aussi ses références culturelles. Hadjar confirme être marqué par la « mentalité shonen », notamment à travers Dragon Ball. Il explique que cette culture valorise le fait d’aller vers des combats difficiles, même lorsqu’ils paraissent perdus d’avance. « C’est cette mentalité que j’aime », dit-il, en citant Goku comme référence pour l’état d’esprit. Il relie ensuite cette idée à la compétition automobile et à son nouveau contexte chez Red Bull Racing.

Verstappen comme référence directe

Isack Hadjar évoque longuement Max Verstappen, son coéquipier chez Red Bull Racing en 2026. Il le décrit comme « le meilleur pilote au monde » et considère le fait de rouler dans la même voiture que lui comme une « opportunité énorme ». « J’ai toujours rêvé de faire face au meilleur, au meilleur niveau au monde », explique-t-il. Il dit aussi se sentir « très chanceux » et « très privilégié » d’avoir accès aux données de Verstappen et de pouvoir observer sa façon de piloter.

Une routine de course « millimétrée »

Isack Hadjar détaille également sa préparation avant les séances et les courses. Il explique que sa routine est désormais très cadrée, après une première expérience en F1 plus désordonnée. « J’étais en retard », raconte-t-il au sujet de sa première course, ajoutant qu’il s’était échauffé « à la one again ». Avec le temps, il dit avoir construit une routine avec son entraîneur : horaires précis, mouvements définis, musique, puis installation dans la voiture. « C’est tout le temps millimétré », résume-t-il. Côté musique, Hadjar cite du rap français, Linkin Park et Eminem, notamment des morceaux qu’il écoutait aussi avec son père.

Une famille qui ne vient pas du sport automobile

Le pilote précise que ses parents ne viennent pas du sport automobile. « J’ai une famille de docteurs, de scientifiques », dit-il. Pour lui, le sport auto apparaissait au départ comme « un milieu inaccessible », quelque chose que l’on regarde à la télévision. Hadjar explique avoir été scolarisé dans de bonnes écoles à Paris, tout en poursuivant le karting. « La priorité, pendant un moment, c’était les études », indique-t-il. Interrogé sur ce qu’il aurait fait sans la F1, il répond : « Probablement du judo. » Il raconte avoir commencé ce sport à quatre ans et continuer à en faire quand il le peut, notamment lors de passages à Paris ou au Japon.

« La notoriété, c’est relou »

Hadjar reconnaît que la notoriété change son quotidien. À la question de savoir comment il vit ce statut, il répond simplement : « C’est relou. » Il nuance toutefois en affirmant recevoir surtout « de l’amour et du soutien » lorsqu’il croise des gens. Sur son ambition, Hadjar affirme ne pas courir seulement pour participer. Il explique vouloir arriver à la fin de sa carrière en sachant qu’il a été « la meilleure version » de lui-même.

“Ce n’est pas pour faire des tours dans une Formule 1”, dit-il. Son objectif, tel qu’il le formule, est de savoir s’il a été “le meilleur” dans son domaine ou s’il était simplement présent “sans plus”.

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