SOCIÉTÉ Faits divers

Un guet-apens organisé via Snapchat finit en tentative de meurtre

Un procès marqué par les contradictions des accusés
Un procès marqué par les contradictions des accusés

Amadou C. pensait conclure une simple vente d’électroménager via les réseaux sociaux. Le 6 mai 2022, à Montigny-lès-Cormeilles (Val-d’Oise), il s’est retrouvé au cœur d’un guet-apens, ciblé par deux hommes qui n’étaient venus ni pour la télévision, ni pour la plaque de cuisson. L’un d’eux a ouvert le feu à trois reprises. Miraculeusement, le jeune homme a survécu.

Un piège qui vire au drame dans une allée de Montigny

Ce soir-là, Amadou, 20 ans, stationne sa Golf dans l’allée Auguste-Rodin. Il a rendez-vous avec deux prétendus acheteurs repérés sur Snapchat. Le premier monte à l’avant, le second à l’arrière. Tous trois roulent quelques instants. Lorsqu’ils s’arrêtent, l’homme à l’arrière descend pour examiner la marchandise. Celui à l’avant, identifié plus tard comme Augustin Z., sort une arme et tire à bout portant. Une balle frôle la tête d’Amadou, une autre atteint sa cuisse. Légèrement blessé, il parvient à fuir au volant de sa voiture tandis que les agresseurs prennent la fuite à pied. Les images de vidéosurveillance permettront à la police judiciaire de Cergy d’identifier rapidement les deux suspects, tous deux originaires de Franconville. Ils sont arrêtés peu après, puis mis en examen pour vol avec arme, l’un d’eux également pour tentative de meurtre.

Un procès marqué par les contradictions des accusés

Devant la cour d’assises du Val-d’Oise, Augustin Z., déjà connu de la justice pour de nombreuses infractions, multiplie les versions. Il évoque d’abord une bagarre provoquée par une arme brandie par la victime, avant de nier toute implication. L’expertise balistique invalide cependant ses arguments : les tirs ne peuvent être qualifiés d’accidentels. Mohamed A., son complice, prétend quant à lui n’avoir pas su qu’une arme était présente. Le passé des deux accusés éclaire partiellement leur parcours. Augustin Z., déscolarisé depuis l’adolescence malgré les efforts de sa mère pour l’éloigner de son quartier, accumule les condamnations sans jamais avoir été incarcéré jusqu’ici. Mohamed A., au parcours instable, a déçu des proches qui ne l’imaginaient pas impliqué dans une telle affaire. Le procès, prévu jusqu’à ce vendredi, doit désormais déterminer la responsabilité pénale des deux hommes dans ce piège sanglant tendu via un simple message sur Snapchat.

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