Le verdict est tombé ce lundi à Nantes. Ozkan T., 47 ans, a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa fille de 18 ans, qu’il avait précipitée du pont de Saint-Nazaire en juin 2022. Une peine conforme aux réquisitions de l’avocat général, et fondée sur des témoignages accablants.
Un geste irréversible, un père en détresse
La scène avait choqué. Une douzaine de témoins avaient vu l’homme « propulser » sa fille par-dessus la rambarde du pont, haut de 60 mètres. La chute, fatale, avait duré à peine quatre secondes. Selon un expert, la surface de l’eau à cette hauteur est aussi dure que du béton. Ozkan T. avait ensuite tenté de sauter à son tour, mais avait été retenu in extremis par une patrouille de gendarmerie. L’accusé, d’origine turque, a affirmé avoir agi sous la pression d’un « mal-être psychique », confronté à une fille qu’il ne reconnaissait plus. Selen, en rupture familiale, consommait de la drogue et vivait une relation conflictuelle avec un petit ami violent. Pourtant, selon le parquet, rien ne laissait penser qu’elle était suicidaire au moment des faits. Le geste du père a donc été requalifié en meurtre, et non en assistance à un suicide.
Une justice rendue, malgré les zones d’ombre
La défense a plaidé le doute, évoquant une adolescente fragile, des antécédents familiaux lourds, des écrits sombres, et la complexité d’une relation père-fille marquée par la violence et la détresse. Elle a aussi tenté de minimiser la portée des témoignages. En vain. Les jurés ont suivi la thèse de l’accusation : un acte volontaire, brutal, irréversible. Outre la peine de prison, Ozkan T. se voit interdit de détenir une arme pendant quinze ans et devient inéligible pour dix ans. Aucune proche ne s’est constituée partie civile. La douleur, elle, reste suspendue quelque part au-dessus de l’estuaire de la Loire.