En Île-de-France, se séparer coûte cher. Et cela touche surtout les plus modestes. Selon une étude récente de l’Insee, les ménages les plus précaires divorcent ou se séparent presque deux fois plus souvent que les plus aisés, révélant une mécanique sociale implacable. Chaque année, 76 300 ruptures de couples sont enregistrées dans la région, et près de la moitié concernent les foyers aux revenus les plus bas. Le taux de séparation atteint ainsi 3,3 % chez les couples gagnant entre 17 100 et 24 000 euros par an et par personne, contre seulement 1,9 % chez les plus riches. L’écart devient plus marqué encore après 40 ans. Cette instabilité affecte particulièrement les femmes, qui, dans tous les cas de figure, voient leur niveau de vie baisser davantage que les hommes.
Femmes et familles monoparentales en première ligne
L’étude révèle que, si les plus modestes peuvent, dans certains cas, améliorer légèrement leur niveau de vie après une séparation (grâce à un retour à l’emploi ou à une pension alimentaire), les femmes, elles, subissent de plein fouet les conséquences économiques de la rupture. Chez les ménages les plus aisés, la chute de niveau de vie des femmes atteint en moyenne 15 100 euros par an, contre 6 400 pour les hommes. Ce déséquilibre s’explique notamment par des revenus souvent inférieurs à ceux de leur conjoint, et par le fait qu’elles ont plus fréquemment la garde des enfants. Or, ce rôle de parent gardien pèse lourd sur le budget. En Île-de-France, les parents ayant la garde subissent une baisse de niveau de vie de 11 %, contre 6 % pour ceux qui ne l’ont pas. Ce double effet, précarité comme cause et conséquence de la séparation, accentue la spirale des inégalités sociales et genrées. Derrière les chiffres, ce sont autant de vies désorganisées et de foyers fragilisés dans une région où le coût de la vie rend les ruptures encore plus brutales.








