Près de douze ans après la mort d’Émile Louis, l’enquête autour des disparitions non élucidées qui lui sont attribuées connaît un nouveau rebondissement. À partir de ce lundi, des fouilles vont être relancées dans le bois de Rouvray, situé à proximité d’Auxerre, dans l’Yonne, où le tueur en série avait lui-même désigné des zones potentiellement utilisées pour dissimuler les corps de ses victimes. Le parquet d’Auxerre a confirmé l’ouverture de ce nouveau chantier, qui devrait s’étendre sur plusieurs semaines, avec une exploration centrée sur une partie encore inexplorée du site.
Des familles en quête de vérité, près de cinquante ans après les faits
Ces recherches font suite à une première série de fouilles menées à l’automne dernier, qui s’étaient révélées infructueuses malgré la découverte de plusieurs objets — notamment des effets vestimentaires — et de la voûte crânienne de Marie-Jeanne Ambroisine Coussin, disparue en 1975. Les analyses réalisées n’avaient permis ni d’identifier de nouveaux restes humains ni de faire le lien avec d’autres victimes. Leur arrêt, après seulement onze jours, avait suscité une vive indignation de la part des familles de victimes, qui avaient dénoncé une interruption prématurée des investigations. Condamné en 2004 à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de sept jeunes femmes disparues entre 1975 et 1979, Émile Louis n’a pas livré tous ses secrets. Cinq des corps de ses victimes reconnues n’ont toujours pas été retrouvés. Et pour les parties civiles, l’hypothèse d’autres victimes reste plus que jamais d’actualité. La zone de recherche, boisée et difficile d’accès, recèle peut-être encore des réponses que la justice espère aujourd’hui exhumer.