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Double féminicide dans le Gard : la perpétuité et l’appel

Double féminicide dans le Gard : la perpétuité et l’appel
Double féminicide dans le Double féminicide dans le Gard : la perpétuité et l’appel

Il n’a fallu que deux jours de procès à la cour d’assises du Gard pour condamner à la réclusion criminelle à perpétuité un homme de 41 ans, reconnu coupable d’avoir égorgé sa femme et poignardé à mort sa belle-sœur. Une peine assortie d’une période de sûreté de 18 ans et du retrait de l’autorité parentale. L’homme a fait immédiatement appel. En mai 2023, dans un appartement des Salles-du-Gardon (Gard), deux femmes ont perdu la vie sous les coups d’un même homme. Celui-ci, maçon de nationalité marocaine et visé par une obligation de quitter le territoire français, s’était rendu chez sa belle-famille, où il savait que son épouse s’était récemment réfugiée avec leur bébé de dix mois. Entre eux, la séparation était déjà consommée. Un différend aurait éclaté dès son arrivée. L’une des sœurs de sa femme lui aurait réclamé les clés de l’appartement. En réponse, l’homme aurait sorti un couteau long de plus de 30 centimètres. En quelques instants, sa belle-sœur, âgée de 39 ans, aurait reçu quatorze coups, dont un près du cœur. Sa propre épouse aurait ensuite été tuée par égorgement.

Un scénario contesté, des preuves accablantes

Face aux assises, l’accusé a tenté d’imposer une version des faits pour le moins fragile. S’il a reconnu avoir tué sa belle-sœur « sous le coup de la colère », il a soutenu que la mort de son épouse aurait été accidentelle. Selon lui, la jeune femme, atteinte de sclérose en plaques, serait tombée sur le couteau alors qu’elle se précipitait vers lui. Mais le légiste a balayé cette hypothèse. D’après les constatations médicales, la plaie à la gorge mesurait neuf centimètres et témoignait d’un mouvement latéral nécessitant une forte pression. Un geste incompatible avec une simple chute. Ce jour-là, une esthéticienne en intervention dans le logement a été témoin du drame. C’est elle qui, selon les éléments du dossier, aurait aperçu les deux époux debout ensemble, puis la femme au sol, ensanglantée. L’homme, couteau en main, aurait ensuite ordonné à cette tierce personne de le suivre jusqu’au commissariat, emmenant aussi la fillette. C’est là qu’il aurait reconnu les faits.

Une justice implacable face à la violence

L’accusé, dont les trois précédents mariages s’étaient tous soldés par des divorces, avait épousé sa dernière compagne en décembre 2020. Le couple s’était installé à Cavaillon avant que la jeune femme ne prenne ses distances, préférant se rapprocher de sa famille dans le Gard. À l’audience, l’avocate générale a demandé la peine maximale, refusant que cet homme puisse, un jour, réintégrer la société. Le jury l’a suivie sans hésitation. L’appel, désormais engagé, suspend l’exécution définitive de la peine. Ce double meurtre, sur fond de séparation et de violences conjugales, vient s’ajouter à la longue liste des féminicides qui jalonnent l’actualité judiciaire. La justice, en condamnant à la perpétuité, a voulu marquer la gravité absolue des faits. Mais le geste de l’accusé, lui, reste marqué par une brutalité que rien ne vient atténuer.

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