Un spectaculaire coup de filet a conduit cette semaine à l’interpellation de 25 personnes, toutes présentées ce vendredi 30 mai à des juges d’instruction à Paris. En toile de fond : une vague d’enlèvements ultraviolents visant des figures du secteur de la cryptomonnaie en France. Tentatives avortées, séquestrations avec torture, vidéos de mutilations… L’affaire révèle un mode opératoire digne du narcotrafic.
Un réseau structuré et un commanditaire marocain présumé
Les enquêteurs soupçonnent un réseau organisé, dont les exécutants – parfois mineurs – seraient des « petites mains » recrutées en banlieue : chauffeurs, guetteurs, logisticiens. Derrière cette main-d’œuvre, un cerveau présumé : un Franco-Marocain de 40 ans, lié à plusieurs dossiers d’enlèvements, serait le commanditaire, agissant parfois même depuis sa cellule de prison.
Depuis janvier, la liste des victimes ne cesse de s’allonger : cofondateur de Ledger, proches de patrons d’échanges de cryptomonnaie, et même le père d’un entrepreneur parisien, pour lequel une rançon de plusieurs millions en bitcoins a été exigée. Dans ce dernier cas, les ravisseurs ont envoyé une vidéo où la victime apparaissait mutilée, le doigt tranché.
Ces affaires montrent un glissement alarmant vers une criminalité physique et brutale dans un milieu jusqu’ici dominé par le cyber-risque. Le cours du bitcoin atteignant aujourd’hui des sommets historiques, les fortunes virtuelles suscitent toutes les convoitises, et la naïveté de certains entrepreneurs en fait des cibles faciles. Pour les enquêteurs, il ne s’agit plus de simples tentatives isolées, mais bien d’une stratégie de prédation criminelle structurée et en expansion.