La série macabre qui endeuille les prairies de Seine-Maritime pourrait enfin connaître un tournant. Une personne a été interpellée et placée en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur les mutilations d’équidés qui secouent la Normandie depuis le mois de mai, a annoncé ce mercredi le parquet du Havre. Une conférence de presse est prévue jeudi, pour faire le point sur ce que la procureure Soizic Guillaume qualifie déjà « d’évolutions décisives ». En trois mois, onze chevaux et poneys ont été attaqués dans le département. Trois n’ont pas survécu. Tout a commencé à Angerville-l’Orcher, près du Havre. Une ponette, sauvagement agressée, a perdu un œil et a dû être amputée. D’autres animaux, visés aux yeux ou aux membres, sont restés handicapés. Le 12 juillet, une jument blessée à son tour est morte. La commune est l’épicentre du drame avec quatre victimes à elle seule.
Un mode opératoire ciblé et répété, les éleveurs dans la terreur
Le 1er août à Saint-Martin-sur-Manoir, un nouveau pic de violence est atteint : un cheval succombe à ses blessures, quatre autres sont retrouvés mutilés. L’enquête s’accélère alors que les témoignages s’accumulent. À Saint-Vaast-Dieppedalle, un poney est retrouvé mort fin juin. À Saint-Nicolas-d’Aliermont, un cheval est blessé, selon la maire. Toujours le même scénario : des animaux attaqués de nuit, dans des prés isolés, les mutilations souvent concentrées sur les yeux ou les membres. Une cruauté méthodique, laissant les propriétaires sous le choc. Depuis mai, ces actes atroces ont ciblé au total onze équidés dans le département. Huit ont survécu, parfois avec des séquelles irréversibles, trois sont morts. Ce mercredi, l’interpellation d’un suspect marque un premier tournant après des mois d’incompréhension et d’angoisse dans le monde équestre normand. Si la culpabilité de la personne interpellée reste à établir, les autorités espèrent qu’elle puisse faire la lumière sur cette série d’agressions restée trop longtemps impunie. Les éleveurs, eux, attendent des réponses, et surtout des garanties. Car dans les campagnes du Havre, la peur est toujours tapie à l’orée des champs.
