À la barre du tribunal de Quimper, un homme de 43 ans a nié avec constance avoir porté atteinte à son nourrisson. Pourtant, après une minutieuse instruction et une expertise médicale confirmant un syndrome du bébé secoué, la justice l’a reconnu coupable de violences sur son fils de quatre mois. La peine : deux ans de prison, dont un an avec sursis, et le retrait de l’autorité parentale. Les faits remontent au 27 mars. Ce jour-là, le père, employé en horaires décalés dans une usine agroalimentaire, récupère son enfant chez la nourrice. Vers 18h, après être passé chez le kinésithérapeute et avoir fait des courses, il rentre à son domicile à Pont-de-Buis. Selon ses déclarations, le nourrisson pleure de manière continue pendant près de trois quarts d’heure et finit par faire un malaise. Plutôt que d’aller immédiatement à l’hôpital, il attend le retour de son ex-compagne pour se rendre aux urgences, soit près de deux heures plus tard.
Un contexte personnel troublant
Les examens médicaux menés à Quimper, puis à Rennes, ont mis en évidence un traumatisme crânien sévère, typique du syndrome du bébé secoué. Un diagnostic confirmé par un expert judiciaire. Le prévenu, lui, a continué à défendre une thèse alternative : une rupture d’anévrisme spontanée, glanée sur Internet. Durant l’enquête, plusieurs proches l’ont décrit comme « dépassé » ou « nerveux ». Des éléments personnels ont également été versés au dossier : des nuits entières passées à jouer en ligne, des propos suicidaires rapportés à une connaissance virtuelle, ainsi que la découverte de contenus pédopornographiques sur son téléphone. Sur ce dernier point, il a été relaxé, faute de preuve de consultation volontaire. Aujourd’hui séparé de la mère de l’enfant, le père devra purger un an de prison ferme, aménageable, et a perdu tout droit parental. L’enfant, lui, a été placé chez sa mère.
