Ce devait être un simple procès pour violences aggravées. Ce sera peut-être une affaire criminelle devant la cour d’assises. L’agression de Séverine, opticienne de 44 ans rouée de coups à Sarcelles en novembre 2024, prend un tournant judiciaire radical. Le tribunal correctionnel de Pontoise, qui devait juger ce mardi l’un des suspects, s’est dessaisi du dossier. En cause : les séquelles lourdes et probablement irréversibles de la victime, confirmées par un médecin dans une récente expertise. Les faits remontent au 18 novembre, vers 19h10. Séverine venait de fermer sa boutique au centre commercial des Flanades. À peine avait-elle atteint sa voiture, qu’elle était attaquée dans l’obscurité par deux individus. « Donne ta montre », répétaient-ils en la frappant au visage. Elle s’effondre, inconsciente, sous la pluie. Lorsqu’elle reprend ses esprits, seule sur le trottoir, sa Rolex estimée à 10 000 euros a disparu. Ses chaussures aussi.
Une information judiciaire ouverte, direction la cour d’assises
Ce mardi, le suspect interpellé, un jeune homme de 19 ans nommé Ousmane D., devait comparaître. Mais au vu de l’aggravation médicale du dossier, le tribunal a préféré transmettre l’affaire à un juge d’instruction. Une information judiciaire va être ouverte, avec mise en examen à la clé. Si l’infirmité permanente est confirmée, l’affaire relèvera bien du criminel, et Ousmane D. pourrait comparaître devant les assises. Séverine souffre de plusieurs traumatismes physiques, dont une fracture du nez. Mais c’est l’évaluation récente d’une infirmité permanente qui change tout. Le vol crapuleux d’une montre de luxe, accompagné d’une violence gratuite, bascule vers une affaire plus lourde aux yeux de la justice. Abandonnée sur le bitume, Séverine avait réussi à rejoindre un magasin encore ouvert dans le centre commercial pour appeler à l’aide. Près de neuf mois plus tard, elle vit avec les stigmates d’un guet-apens brutal, pour une montre qui ne valait pas une vie fracassée.