Le ministre de l’Économie Giancarlo Giorgetti a annoncé que la croissance italienne pourrait avoisiner 1 % du PIB en 2026, dépassant les prévisions initiales. Une amélioration qui arrive à point nommé avant la préparation de la loi de finances 2027, mais que les économistes invitent à ne pas surestimer.
Le chiffre est meilleur qu’attendu. Lors du Forum Teha de Cernobbio, le ministre de l’Économie Giancarlo Giorgetti a indiqué que la croissance italienne avait déjà atteint 0,8 % de manière « acquise », et que, si les indicateurs restaient favorables, elle pourrait « se situer près de 1 % ». Les documents programmatiques du gouvernement tablaient jusqu’ici sur 0,6 %.
Pour Pietro Reichlin, économiste et professeur à l’université LUISS, cette estimation est « réaliste ». Mais il tempère aussitôt : « il ne faut pas trop s’enthousiasmer pour ce chiffre de croissance ». L’Italie demeure, avec l’Allemagne et la France, parmi les économies les moins dynamiques de l’Union européenne. L’Espagne, notamment, affiche une trajectoire nettement supérieure, portée en partie par un afflux important de migrants qui soutient l’emploi.
Derrière ce retard, Reichlin identifie « un facteur historique que nous traînons depuis la fin des années 1990 : une productivité très faible ». La croissance de l’emploi en Italie ne suffit pas à compenser ce déficit. Résultat : « plus de travail, plus de travailleurs, mais avec une faible valeur ajoutée », ce qui bride la hausse des salaires et l’amélioration du niveau de vie. Le vieillissement de la population et la baisse de la natalité aggravent la situation, en faisant mécaniquement gonfler les dépenses publiques liées aux retraites et à la santé.
Sur le front des recettes fiscales, les signaux sont positifs. Entre janvier et juillet 2026, l’État a encaissé 346,1 milliards d’euros, soit 9,4 milliards de plus que sur la même période de 2025, une progression de 2,8 % selon les données du département Finances du ministère de l’Économie. Les impôts directs ont atteint 200,7 milliards d’euros (+3,2 %), dont 138,5 milliards au titre de l’Irpef (+2,7 %). Les recettes de TVA se sont établies à 100,3 milliards d’euros (+3,8 %). Seules les accises sur les produits énergétiques ont reculé, à 12,7 milliards (-8,5 %), sous l’effet de réductions temporaires destinées à contenir la hausse des prix de l’énergie.
Ces recettes supplémentaires ne se traduiront pas automatiquement en marges de manœuvre pour la loi de finances 2027. Il faudra d’abord déterminer quelle part de cette hausse présente un caractère structurel. Reichlin prévient que le gouvernement ne doit « pas se faire d’illusions » : tenir le déficit sous contrôle, augmenter les dépenses ou adopter des mesures coûteuses ne sera pas possible avec les seules recettes fiscales. La loi de finances à venir sera, selon lui, « très prudente, car les marges sont très limitées ».
Quant à une éventuelle réduction de la pression fiscale sur le travail et les entreprises, piste recommandée par les organisations internationales, l’économiste juge qu’elle aurait certes un effet positif, mais devrait être « compensée par d’autres sources de recettes dont on ne sait pas très bien d’où elles pourraient venir ».

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