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Eurostar menacé : Virgin prépare son grand retour en France avec 20 liaisons quotidiennes sous la Manche

Eurostar menacé : Virgin prépare son grand retour en France avec 20 liaisons quotidiennes sous la Manche
Eurostar menacé : Virgin prépare son grand retour en France avec 20 liaisons quotidiennes sous la Manche

Le monopole d’Eurostar sur les liaisons ferroviaires entre Londres et l’Europe continentale pourrait bientôt prendre fin. Le groupe britannique Virgin, fondé par le milliardaire Richard Branson, prépare son retour sur le marché français avec un projet de trains à grande vitesse reliant la capitale britannique à Paris, Bruxelles et Amsterdam dès 2030. Présent cette semaine à Paris, Josh Bayliss, directeur général de Virgin Group, a dévoilé les ambitions de l’entreprise, qui prévoit jusqu’à vingt allers-retours quotidiens à travers le tunnel sous la Manche. Treize seraient consacrés à la liaison Londres-Paris, quatre à Bruxelles et trois à Amsterdam. Cette offensive commerciale permettrait d’ajouter environ 7,5 millions de places par an sur ces destinations, dont 4,75 millions pour la seule liaison franco-britannique. Un retour particulièrement symbolique pour Virgin, dont la présence en France s’était fortement réduite après la vente de ses célèbres Virgin Megastores en 2001.

Pour concrétiser son projet, le groupe britannique a déjà franchi plusieurs étapes importantes. En août dernier, le régulateur ferroviaire britannique, l’Office of Rail and Road, a donné son accord préalable à l’utilisation de la ligne à grande vitesse reliant Londres au tunnel sous la Manche pour la période allant d’octobre 2030 à décembre 2040. Virgin a également conclu un accord permettant à ses futurs trains d’accéder au dépôt de maintenance de Temple Mills, dans l’est de Londres, une installation stratégique jusqu’ici utilisée par Eurostar. Autre avancée majeure, le groupe a annoncé un partenariat avec le constructeur français Alstom portant sur douze rames à grande vitesse Avelia Stream, représentant un investissement annoncé de 650 millions d’euros. Les futurs trains devraient arborer les couleurs rouge et noir caractéristiques de Virgin. L’entreprise entend miser sur le confort, les services à bord et une expérience commerciale inspirée de ses activités dans l’aviation et l’hôtellerie.

Une offensive commerciale qui pourrait bouleverser le marché transmanche

L’arrivée éventuelle de Virgin constitue un défi important pour Eurostar, qui exploite depuis plus de trente ans les services ferroviaires de voyageurs empruntant le tunnel sous la Manche. Le groupe britannique ne souhaite toutefois pas se positionner comme un opérateur à bas coûts. Son objectif est de proposer une expérience jugée plus qualitative, tout en affichant des tarifs légèrement inférieurs à ceux de son concurrent. Josh Bayliss a notamment évoqué des espaces plus confortables, davantage de rangement pour les bagages et une connexion internet performante, potentiellement assurée grâce à la technologie satellitaire Starlink. Virgin souhaite également faciliter les déplacements internationaux en améliorant les formalités de contrôle aux frontières, devenues plus contraignantes depuis le Brexit. Cette concurrence pourrait encourager Eurostar à revoir certaines composantes de son offre, même si une baisse généralisée des prix reste impossible à garantir. L’opérateur historique prépare d’ailleurs sa riposte, avec une commande de nouvelles rames destinée à moderniser sa flotte et à augmenter ses capacités.

Malgré les avancées annoncées, plusieurs obstacles doivent encore être surmontés avant le lancement commercial. Virgin doit notamment obtenir les autorisations nécessaires pour circuler dans le tunnel sous la Manche, négocier les créneaux ferroviaires sur les réseaux continentaux et satisfaire aux exigences de sécurité applicables aux trains internationaux. Les candidats à l’exploitation doivent déposer leur dossier auprès de Getlink, gestionnaire du tunnel, avant le 19 octobre. Le groupe devra également composer avec les limites d’accueil des gares de Londres-Saint-Pancras et de Paris-Nord, où les contrôles frontaliers réduisent les capacités de traitement des voyageurs. L’entreprise n’est pas seule sur les rangs puisque l’opérateur italien Trenitalia étudie lui aussi son arrivée sur ce marché. Pour Virgin, qui avait exploité pendant plus de vingt ans la ligne britannique West Coast Main Line avant de perdre sa franchise en 2019, ce projet marque une nouvelle ambition ferroviaire européenne. Si le calendrier est respecté, 2030 pourrait ouvrir une nouvelle période de concurrence sur l’un des axes ferroviaires les plus stratégiques d’Europe.

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