Alors que Léon Marchand a été la cible d’insultes sur les réseaux sociaux après avoir expliqué ne pas vouloir s’engager politiquement, l’expression « sale blanc » a relancé le débat sur le racisme anti-Blancs. Lors d’un échange dans 100% Mabrouk sur BFMTV ce mercredi, la polémiste Rokhaya Diallo a refusé de qualifier cette expression d’insulte raciste, estimant que « le racisme, c’est un système ».
La polémique trouve son origine dans les déclarations de Léon Marchand sur France 2. Interrogé sur l’engagement politique de certains sportifs, le quadruple champion olympique avait expliqué préférer « rester loin de tout ça », ne se sentant pas suffisamment légitime pour prendre publiquement position. Une réserve qui lui a valu de nombreuses attaques sur les réseaux sociaux, dont certaines directement liées à sa couleur de peau, comme « sale blanc » ou « blanc qui vote RN ».
« Sale blanc », une insulte mais « pas raciste »
Interrogée sur la qualification de l’expression « sale blanc », Rokhaya Diallo a répondu qu’il s’agissait bien d’une insulte, mais pas d’une insulte raciste. « Non, pas raciste », a-t-elle répondu, avant de justifier sa position : « Le racisme, c’est un système. » Elle a notamment demandé quel Blanc, en France, se serait vu refuser un emploi « parce qu’il était blanc », inscrivant ainsi sa définition du racisme dans l’existence d’un système de discriminations structurelles.
NDLR :Sur le plan juridique, l’idée selon laquelle une personne blanche ne pourrait jamais être victime de racisme ne correspond pas au droit français. La loi protège toute personne visée en raison de son appartenance, réelle ou supposée, à une origine, une ethnie, une nation ou une « race », sans distinction selon la couleur de peau de la victime. La justice a d’ailleurs déjà retenu la circonstance aggravante de racisme dans des affaires où une victime avait été traitée de « sale Blanc » et de « sale Français ». En 2014, la cour d’appel de Paris a ainsi condamné un homme pour une agression accompagnée de ces insultes, décision ensuite confirmée. Autrement dit, si la notion sociologique de « racisme systémique » fait débat, une insulte visant explicitement quelqu’un parce qu’il est blanc peut juridiquement caractériser une motivation raciste.
Cette conception a immédiatement été contestée au cours de l’échange, notamment avec l’évocation de l’affaire de Crépol et de la question d’un éventuel mobile lié à l’origine des victimes, sujet qui relève de l’enquête et de l’appréciation de la justice. Le débat oppose ainsi deux définitions : celle du racisme comme système de domination et celle, plus générale, qui considère qu’une hostilité ou une injure visant une personne en raison de sa couleur de peau peut être raciste quelle que soit l’origine de la victime.
La séquence intervient alors que plusieurs intervenants des Grandes Gueules sur RMC avaient au contraire dénoncé explicitement les insultes reçues par Léon Marchand. L’éducateur Abel Boyi avait notamment qualifié « sale blanc » d’« insulte raciste », tout en défendant le droit du nageur à ne pas prendre position politiquement.
Au-delà du cas Léon Marchand, cette nouvelle controverse remet donc au premier plan un débat ancien sur l’existence et la définition du racisme anti-Blancs en France, avec des conceptions très différentes du terme « racisme » selon les intervenants.

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