La compagnie irlandaise à bas coûts a publié des résultats trimestriels en forte baisse, pénalisée par la flambée du kérosène et la prudence des voyageurs depuis le déclenchement des frappes américano-israéliennes contre l’Iran.
Entre avril et juin, Ryanair a enregistré un bénéfice avant impôts de 593 millions d’euros, soit une chute de 34 % sur un an. Le chiffre d’affaires, lui, a progressé de seulement 1 % à 4,4 milliards d’euros, une quasi-stagnation obtenue au prix d’une réduction des tarifs pour attirer des passagers hésitants.
Le nombre de voyageurs a certes augmenté de 6 % pour atteindre 6,1 millions, porté notamment par les vacances de Pâques en avril. Mais les prix des billets ont reculé de 6 % en moyenne, la compagnie ayant délibérément baissé ses tarifs pour compenser la frilosité des consommateurs face au conflit au Moyen-Orient.
Depuis les frappes lancées par les États-Unis et Israël contre l’Iran en février, le prix du kérosène a bondi. Ryanair indique avoir couvert une partie de ses besoins en carburant via des contrats à terme, mais les achats non couverts par ces arrangements ont plus que doublé. Lundi, le brut a brièvement repassé la barre des 90 dollars le baril pour la première fois depuis un mois, après un week-end marqué par de nouveaux échanges de tirs entre Washington et Téhéran, avant de refluer légèrement.
La fermeture quasi totale du trafic dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz, aggrave la pression sur les prix de l’énergie. Un accord de paix provisoire conclu le mois dernier avait temporairement soulagé les marchés, mais la reprise des combats et l’échec des négociations ont provoqué un nouveau pic.
Pour l’été, la compagnie prévoit des tarifs « légèrement » inférieurs à ceux de l’an dernier sur la période juillet-septembre. Les passagers réservent plus tard que d’habitude, ce qui complique la visibilité commerciale. Neil Sorahan, directeur financier de Ryanair, a toutefois nuancé le tableau : « Les gens sont toujours aussi désireux de partir, ils réservent simplement un peu plus tard », a-t-il déclaré, précisant que les vols sur les routes méditerranéennes affichaient des taux de remplissage élevés.
La compagnie prévient que ses résultats annuels resteront « très sensibles » à l’évolution du conflit au Moyen-Orient, à la situation en Ukraine et au prix du carburant non couvert par ses contrats de couverture. Le titre Ryanair a cédé 5 % en séance lundi.
Russ Mould, directeur des investissements chez AJ Bell, juge que Ryanair reste mieux placée que nombre de ses concurrents, mais souligne que « la visibilité est pire que celle de l’aéroport de San Francisco dans le brouillard ». « La nouvelle escalade des hostilités au Moyen-Orient est défavorable et, sans résolution durable, les temps difficiles pour le secteur aérien semblent appelés à se prolonger », a-t-il ajouté.
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