Revolut veut déjà préparer le prochain âge du commerce en ligne. La fintech britannique annonce avoir réalisé, avec Visa, une expérimentation présentée comme le premier paiement sécurisé initié par une intelligence artificielle en France. Le principe est simple en apparence : avec l’accord préalable du client, un agent d’IA peut prendre en charge les différentes étapes d’un achat jusqu’à son règlement. Une démonstration encore expérimentale, mais qui donne un aperçu d’un futur dans lequel l’internaute pourrait déléguer une partie de ses achats à des assistants capables d’agir à sa place.
Le test a été effectué dans des conditions réelles auprès du commerçant Cleverbridge. L’agent de test de Visa a déclenché la transaction tandis que Visa Payment Passkey assurait son authentification. Revolut insiste sur un point stratégique : l’objectif n’est pas de supprimer les mécanismes de sécurité existants, mais de vérifier comment un agent autonome pourrait s’insérer dans l’infrastructure actuelle sans faire disparaître le consentement du client ni les contrôles des établissements financiers. Sécurité des cartes, vérification de l’identité et détection de la fraude doivent ainsi continuer à fonctionner en arrière-plan.
Le paiement devient le nouveau terrain de jeu des agents IA
L’expérimentation intervient alors que l’intelligence artificielle s’installe progressivement dans le parcours d’achat. Les consommateurs utilisent déjà ces outils pour chercher un produit, comparer les offres ou obtenir des recommandations. L’étape suivante pourrait donc consister à laisser l’IA exécuter elle-même la transaction, ce qui changerait profondément la relation entre les clients, les banques et les commerçants. Pour Revolut, l’enjeu est aussi de se positionner très tôt sur cette évolution, à mesure que les assistants numériques deviennent capables de prendre des décisions et d’effectuer des actions à la place de leurs utilisateurs.
La banque espagnole Santander avait déjà réalisé en mars, avec Mastercard, une expérimentation présentée comme le premier paiement européen effectué de bout en bout par un agent d’IA. Revolut s’inscrit donc dans une course qui dépasse largement le marché français. La question centrale sera désormais celle du contrôle : jusqu’où un utilisateur acceptera-t-il de déléguer ses achats à une machine, et quelles garanties faudra-t-il pour éviter qu’une erreur ou une décision automatisée ne se transforme en dépense non désirée ? Avec une valorisation de 115 milliards de dollars atteinte en juillet après une vente secondaire d’actions, Revolut dispose en tout cas des moyens pour multiplier ce type d’expérimentations. Le paiement par IA n’est encore qu’un test, mais les acteurs financiers cherchent déjà à s’assurer une place dans ce qui pourrait devenir l’une des prochaines grandes transformations du commerce numérique.

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