Après une première journée française marquée par l’Élysée, l’Unesco et Notre-Dame de Paris, le pape Léon XIV a achevé vendredi soir son parcours par une rencontre spectaculaire avec 80 000 jeunes au Stade de France. Entre recueillement dans la cathédrale et chants à Saint-Denis, la soirée a montré deux visages d’un catholicisme français qui entend conjuguer héritage et renouveau.
Quelques heures plus tôt, Léon XIV avait franchi les portes de Notre-Dame de Paris, restaurée après l’incendie de 2019, pour y présider les vêpres entouré des évêques, prêtres, diacres, religieux et séminaristes. Le pape a choisi la cathédrale comme symbole d’une Église capable, elle aussi, de se reconstruire et de regarder vers l’avenir. « Nous ne devons pas craindre », a-t-il lancé, invitant l’Église de France à ne pas se concevoir comme un refuge à l’écart de son époque mais comme un lieu ouvert sur la société.
Dans son homélie, Léon XIV a insisté sur la dimension spirituelle de Notre-Dame, refusant de la réduire à un monument patrimonial. Une cathédrale « vidée de l’action liturgique » perdrait, selon lui, son âme. Face à une époque qu’il décrit comme souvent privée « de plénitude, de profondeur et de promesses », il a présenté la prière et la liturgie comme des espaces de paix au milieu d’une société « hyper connectée et bruyante ».
Notre-Dame, symbole d’une Église qui veut regarder vers l’avenir
Le contraste avec la suite de la soirée était saisissant. À Saint-Denis, 80 000 jeunes de 17 à 35 ans avaient rempli le Stade de France. Pop-louange, gospel, témoignages et artistes se sont succédé avant l’arrivée du souverain pontife : Natasha St-Pier, Grégory Turpin, Les Frangines ou encore Anisha Jo ont participé à une soirée pensée à la fois comme une fête populaire et comme une veillée de prière.
Vers 21 heures, la papamobile a fait son entrée sous les cris de « Léon ! Léon ! ». Le pape a parcouru le stade devant une foule debout, avant une succession de tableaux consacrés notamment aux grandes figures chrétiennes de l’histoire de France, de sainte Blandine à Jeanne d’Arc. Des feux d’artifice ont également été tirés depuis le toit du Stade de France, donnant à cette rencontre religieuse des allures de grand rassemblement populaire.
« Vous êtes les saints de France ! »
Léon XIV a surtout choisi de s’adresser directement à cette génération. « Merci pour votre courage, merci pour votre présence, merci pour votre foi. Vous êtes les saints de France ! », a-t-il lancé aux jeunes présents. Une formule immédiatement remarquée, alors que cette visite intervient dans un contexte de progression des baptêmes et du catéchuménat chez les jeunes adultes en France.
De Notre-Dame au Stade de France, cette soirée aura ainsi offert une photographie inhabituelle du catholicisme français : celui du patrimoine et des siècles d’histoire, mais aussi celui d’une jeunesse qui assume publiquement sa foi. Le décor avait changé, du silence d’une cathédrale aux chants de dizaines de milliers de jeunes, mais le message de Léon XIV est resté cohérent : ne pas regarder la foi comme la conservation nostalgique d’un passé, mais comme quelque chose qui doit encore se transmettre et se vivre dans le présent.
La visite se poursuit ce samedi avec notamment une rencontre à la Maison Bakhita, un passage à l’Institut catholique de Paris puis le grand rendez-vous parisien du voyage : la messe célébrée à 15 heures place de la Concorde et sur les Champs-Élysées, avant le départ du pape pour Lourdes. Près de 600 000 personnes s’étaient inscrites pour cette célébration.

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