Schneider Electric change d’échelle dans les logiciels industriels. Le groupe français a annoncé le 5 octobre un accord pour acquérir l’américain PTC, dans la plus importante opération de son histoire. L’offre, entièrement en numéraire, atteint 205 dollars par action et valorise le capital de l’entreprise à 22,6 milliards de dollars, soit environ 20,1 milliards d’euros. En intégrant sa dette, la valeur d’entreprise ressort à 21,1 milliards d’euros. La finalisation est attendue au troisième trimestre 2027, sous réserve des autorisations réglementaires et de l’approbation des actionnaires de PTC.
Basé à Boston, PTC développe des logiciels de conception, d’ingénierie et de gestion du cycle de vie des produits. Ses outils doivent compléter les activités de Schneider pour relier davantage les données de conception aux informations issues du fonctionnement des équipements. Le rapprochement prolonge ainsi une stratégie déjà engagée avec Aveva : proposer aux industriels des solutions numériques couvrant plusieurs étapes, du développement d’un produit à son exploitation et à sa maintenance. L’intelligence artificielle constitue l’un des usages que le groupe entend développer à partir de ces données.
Une ambition industrielle accueillie avec prudence en Bourse
L’annonce a provoqué une réaction contrastée sur les marchés. L’action Schneider Electric a reculé d’environ 10 % à Paris lundi, tandis que celle de PTC s’est fortement appréciée à Wall Street. L’offre comporte une prime de 42,3 % sur le dernier cours de clôture de l’éditeur américain. Pour les investisseurs du groupe français, le montant engagé et la capacité à concrétiser les bénéfices du rapprochement constituent des points de vigilance. La pertinence industrielle de l’opération devra donc se traduire en résultats suffisamment solides pour justifier son coût.
Schneider prévoit notamment 250 millions d’euros de synergies annuelles de coûts à partir de la troisième année. Ces gains restent des objectifs, dont la réalisation dépendra de l’intégration des équipes et des offres. Le rachat représente ainsi un pari sur la convergence entre équipements physiques, logiciels et intelligence artificielle. Pour le groupe, l’enjeu sera de transformer un portefeuille élargi en services effectivement adoptés par ses clients, tout en maîtrisant l’effort financier associé à cette acquisition record.

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