ArcelorMittal estime que la concurrence devient progressivement plus équitable sur le marché européen de l’acier. Après plusieurs années marquées par l’afflux de produits importés à bas prix, le géant sidérurgique commence à mesurer les effets des nouvelles protections commerciales instaurées par l’Union européenne.
Au deuxième trimestre 2026, le groupe a dégagé un excédent brut d’exploitation de 2,1 milliards de dollars, légèrement supérieur aux attentes du marché. Son bénéfice net atteint 700 millions de dollars. En Europe, la rentabilité par tonne a progressé de 28 dollars par rapport au trimestre précédent, tandis que la production d’acier brut a augmenté de 11 %.
Cette embellie est notamment attribuée au durcissement des quotas d’importation et à l’entrée en vigueur du mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières. Ce dispositif impose progressivement un coût lié aux émissions de carbone sur certains produits importés, afin d’éviter que les sidérurgistes européens, soumis à des normes environnementales plus exigeantes, ne soient désavantagés face à leurs concurrents étrangers.
Bruxelles redonne de l’air à une industrie longtemps fragilisée
ArcelorMittal prévoit désormais une baisse d’environ 45 % des importations européennes d’acier par rapport à 2025. Ce recul devrait permettre aux usines du continent de mieux utiliser leurs capacités de production. Le groupe a déjà remis en service trois installations européennes et se dit prêt à augmenter davantage ses volumes si la demande le justifie.
Le redressement reste toutefois fragile. L’industrie européenne demeure confrontée au coût élevé de l’énergie, au ralentissement de certains secteurs clients et aux investissements considérables nécessaires à la décarbonation des hauts-fourneaux. ArcelorMittal a d’ailleurs revu à la baisse certaines de ses ambitions climatiques, alimentant les critiques des organisations environnementales sur la réalité de sa transition industrielle.
Les tensions commerciales ne se limitent pas non plus à l’Europe. Les droits de douane américains continueraient de coûter environ 600 millions de dollars par an au groupe, principalement à travers ses exportations canadiennes vers les États-Unis. Pour ArcelorMittal, la régionalisation croissante du marché mondial de l’acier représente donc à la fois une protection et une contrainte. L’Europe lui offre aujourd’hui un environnement plus favorable, mais au prix d’un retour assumé des barrières commerciales.
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