Rahim Sabree, thérapeute financier primé et conseiller financier certifié, a commencé sa carrière dans la finance comme guichetier dans une banque à l’âge de 21 ans. Entouré de collègues ambitieux et de clients fortunés, il a été inspiré à prendre davantage le contrôle de ses finances, selon un reportage de la chaîne CNBC.
Il a alors appris tout ce qu’il pouvait : il a lu des livres sur la culture financière, construit son crédit et s’est concentré sur l’épargne. Ayant grandi dans un milieu défavorisé, il avait longtemps cru que posséder une maison ne faisait pas partie de ses options. Mais grâce à son travail et à sa détermination, il a pu acheter une maison à 26 ans.
Il explique que ce fut un moment charnière — mais aussi le déclencheur inattendu d’un traumatisme financier. Ce dernier désigne une réponse émotionnelle et psychologique à un événement ou une expérience qui a eu un effet négatif sur notre rapport à l’argent.
C’est cette prise de conscience et le travail personnel qu’il a mené par la suite qui l’ont poussé à devenir thérapeute financier.
« Si le traumatisme financier n’est pas traité, il peut engendrer la peur de réussir et vous empêcher d’atteindre des objectifs importants », affirme-t-il.
Comment identifier et gérer les traumatismes financiers ?
Une personne peut, en apparence, avoir l’air stable, tout en se sentant bloquée dans son parcours vers un objectif financier majeur. En avançant, elle peut saboter elle-même ses efforts.
Rahim Sabree évoque les crises d’angoisse qu’il a traversées et les nombreuses fois où il a voulu annuler sa demande de prêt immobilier. Le processus a ravivé des souvenirs douloureux, notamment celui très marquant d’un avis d’expulsion apposé sur la porte de l’appartement familial.
Il craignait de faire un achat aussi important, de vivre une expérience totalement nouvelle, et de ne pas être capable d’entretenir ou de gérer un logement.
Il a fini par comprendre que posséder une maison ne symbolisait pas seulement un statut social ou une manière d’accroître sa richesse.
« Je voulais recréer un sentiment de sécurité que je n’avais jamais connu enfant. C’était un besoin profond. Et il était important pour moi d’honorer ce sentiment, plutôt que de renoncer à un rêve qui comptait tant pour moi, simplement parce que j’avais peur », confie-t-il.
Un cadre de travail : « Les trois facteurs »
Pour aider ses clients à dépasser leurs peurs et leurs émotions douloureuses, il a développé un cadre d’accompagnement appelé les trois facteurs :
1. Identification
Cette étape consiste à nommer le problème. Lors de ses accompagnements, il aide ses clients à mettre des mots sur ce qu’ils traversent, afin que cela leur paraisse moins lourd.
Par exemple, un malaise ressenti en consultant ses comptes peut révéler une anxiété financière. Un manque de confiance envers les banques peut découler d’un traumatisme financier. Une fois que l’on comprend pourquoi une situation nous affecte autant, son pouvoir diminue.
2. Éducation
Une fois les émotions identifiées, il est temps de se former pour démystifier les systèmes financiers.
Pour Rahim, cela signifiait comprendre les composantes du score de crédit, comment l’améliorer, comment se qualifier pour un prêt hypothécaire, ou encore identifier les professionnels adaptés à ses besoins.
3. Mise en pratique
Cette dernière étape consiste à rassembler les connaissances et passer à l’action.
Sur le plan financier, cela peut impliquer l’élaboration d’un budget ou la consultation d’un conseiller. Sur le plan émotionnel, cela peut inclure une thérapie pour traiter les traumatismes passés, identifier ses déclencheurs, et développer des stratégies d’adaptation saines.
Travailler vers un futur d’autonomie financière
Les traumatismes financiers non traités peuvent être transmis d’une génération à l’autre. Si vos parents ou grands-parents ont grandi dans un climat de pénurie, ou au contraire, ont eu tendance à dépenser sans compter, cela peut vous influencer sans même que vous en ayez conscience.
Par ailleurs, de nombreux blocages invisibles peuvent provoquer une forme d’immobilisme dans votre rapport à l’argent.
Vous pouvez être paralysé par trop d’options (« dois-je épargner, investir ou dépenser ? »), ou par la peur d’événements hypothétiques (« et si je perds tout en investissant en bourse ? »).
Ce qui a le plus aidé Rahim Sabree à surmonter son traumatisme financier, c’est d’en parler avec ses proches.
« Ils m’ont rappelé à quel point j’avais progressé et qu’ils seraient là pour moi. Leur soutien m’a permis d’apaiser toutes les pensées catastrophistes dans ma tête : Et si un arbre tombait sur le toit ? Et si je devais remplacer la chaudière ? Et si je n’avais pas les moyens de faire face à une urgence ? »
À cela se sont ajoutées des pratiques de bien-être mental, comme la pleine conscience, la respiration consciente et l’activité physique volontaire.
Il conclut :
« Notre rapport à l’argent dépasse largement des chiffres dans un tableau Excel ou un compte bancaire.
Nous interagissons avec l’argent avec notre esprit, notre corps et notre âme.
Il n’existe pas de solution unique aux traumatismes financiers.
Mais utiliser ces trois principes pour identifier leur forme, leur présence dans notre corps et leur impact sur nos décisions est une excellente première étape. »