DUBAÏ/NEW YORK – Le géant pétrolier saoudien Saudi Aramco envisage de céder certains de ses actifs afin de libérer des fonds, ont révélé deux sources proches du dossier. Cette stratégie vise à soutenir l’ambitieux programme d’expansion mondiale de la compagnie, alors même qu’elle subit une baisse de revenus en raison de la chute des cours du brut.
D’après ces sources, Aramco a mandaté des banques d’investissement pour examiner les options de cession d’actifs et proposer des solutions permettant de lever des capitaux. Les types d’actifs concernés ou les établissements bancaires impliqués n’ont pas été précisés. Sollicitée, la société saoudienne a refusé de commenter.
Aramco, premier producteur mondial de pétrole et principal pilier économique de l’Arabie saoudite, fait face à une pression croissante pour améliorer sa rentabilité. En réponse à la baisse persistante des prix du pétrole — récemment autour de 60 dollars le baril, loin des 90 dollars nécessaires pour équilibrer le budget du royaume, selon le FMI — la compagnie prévoit de réduire ses dividendes annuels d’environ un tiers.
Les cessions envisagées s’inscriraient dans une démarche plus large de rationalisation des coûts et de gain d’efficacité, selon deux autres sources. Aramco, dont les activités s’étendent à des secteurs variés comme l’aviation, la construction et le sport, a déjà procédé à des ventes partielles d’actifs, tout en conservant la majorité des parts, notamment dans ses infrastructures de pipelines.
Le gouvernement saoudien, qui soutient une stratégie de diversification économique dans le cadre du plan Vision 2030, encourage ses entreprises publiques à se montrer plus rentables. Le contexte budgétaire tendu alimente cette volonté de transformation.
Sur la scène internationale, Aramco multiplie les investissements : participations dans des raffineries chinoises, acquisition du distributeur chilien de carburants Esmax, et investissements dans la société américaine de gaz naturel liquéfié MidOcean. La semaine dernière, Aramco a annoncé avoir signé 34 protocoles d’accord avec des entreprises américaines pour un montant potentiel de 90 milliards de dollars, à l’issue de la visite du président Donald Trump en Arabie saoudite.