Coup d’arrêt pour l’union de deux géants de l’automobile japonaise. Honda et Nissan ont annoncé ce jeudi la fin de leurs négociations en vue d’une fusion, mettant un terme à un projet qui devait leur permettre de mieux affronter la transition vers le véhicule électrique.
Engagées en décembre 2024, ces discussions visaient à regrouper les forces des deuxième et troisième constructeurs japonais, avec l’éventuelle intégration de Mitsubishi, pour concurrencer Tesla et les fabricants chinois. La fusion aurait permis d’importantes économies d’échelle et de renforcer leur compétitivité sur un marché en pleine mutation. Toutefois, après plusieurs semaines d’échanges, les divergences stratégiques ont eu raison du rapprochement.
Selon le communiqué commun des deux entreprises, Honda a proposé une révision de la structure envisagée, en faisant de Nissan une filiale sous son contrôle via un échange d’actions. Un scénario inacceptable pour Nissan, qui souhaitait préserver son autonomie, malgré ses difficultés financières. Le constructeur, massivement endetté et en pleine restructuration, avait déjà annoncé la suppression de 9 000 postes en novembre dernier pour tenter de redresser la barre.
Si la fusion est abandonnée, les deux groupes affirment vouloir maintenir leur coopération dans le cadre d’un « partenariat stratégique » sur les technologies électriques et intelligentes. Un projet amorcé dès 2024 avec Mitsubishi, qui vise à rattraper le retard pris face aux acteurs étrangers. Mais sans consolidation capitalistique, Honda et Nissan devront relever seuls le défi d’une industrie en plein bouleversement, dans un contexte où la Chine a dépassé le Japon en tant que premier exportateur mondial de véhicules en 2023.