À la gare de Nice-Ville, les voyageurs pressés s’arrêtent, captivés par la musique classique qui émane du piano public installé dans le hall. Aux commandes de l’instrument : Lucie Le Balc’h, 12 ans à peine, mais déjà une artiste accomplie et une élève hors normes.
Repérée récemment par le journal télévisé de TF1, Lucie a vu sa popularité grandir sur les réseaux sociaux après la diffusion d’un reportage sur son talent. Ce jour-là, elle interprétait avec virtuosité un extrait de Chopin, arrachant aux passants des applaudissements spontanés et parfois des larmes d’émotion.
Une relation intime avec la musique
Lucie a commencé le piano à l’âge de 5 ans, encouragée par sa mère. Elle raconte vivre la musique comme un « refuge mental », un moyen d’évasion et d’expression.
« Quand je joue, j’oublie tout, même les gens autour », confie-t-elle dans un court entretien filmé par France Bleu Azur au printemps dernier.
Une intelligence hors du commun
Mais la jeune Niçoise ne brille pas seulement par son oreille musicale. Diagnostiquée HPI (haut potentiel intellectuel) à l’âge de 10 ans, Lucie a déjà sauté quatre classes. Son QI n’a pas été divulgué, mais ses enseignants la décrivent comme ayant « une compréhension conceptuelle exceptionnelle pour son âge ».
Elle parle cinq langues, français, anglais, espagnol, russe et coréen, dont certaines apprises « en quelques mois via des applications et des échanges en ligne », selon sa mère. Le coréen, en particulier, lui aurait été inspiré par son intérêt pour la musique classique asiatique et la littérature coréenne contemporaine.
En avance dans tous les domaines
Elle prépare déjà l’épreuve anticipée de français du baccalauréat, qu’elle passera dans quelques semaines. Son enseignant de lettres, interrogé par Nice-Matin, affirme que ses analyses de texte sont d’un niveau supérieur à celui exigé au lycée.
« Ce n’est pas seulement une élève brillante : c’est une élève créative, avec une pensée latérale rare à cet âge », ajoute-t-il.
Des rêves tournés vers la médecine
Malgré ses multiples talents artistiques, Lucie a une ambition bien précise : devenir neurologue.
« J’aime comprendre comment fonctionne le cerveau, et j’aimerais aider ceux dont les connexions sont différentes, comme les autistes ou les enfants précoces », explique-t-elle avec une maturité troublante.
Elle s’intéresse notamment aux dernières découvertes en neurosciences cognitives, et suit en ligne des cours universitaires dispensés par des institutions comme le MIT ou l’Université Paris Cité.
Une enfance malgré tout… ordinaire ?
Ses parents insistent sur un équilibre qu’ils s’efforcent de préserver. Lucie va au parc, a des amis, regarde des séries, et « peut aussi être une ado comme les autres ». Toutefois, sa précocité sociale comme émotionnelle la distingue souvent, même dans un environnement scolaire adapté.
Une cellule académique de suivi des élèves à haut potentiel, rattachée au rectorat de Nice, accompagne Lucie depuis deux ans. Selon les dernières données du Ministère de l’Éducation nationale, environ 2,3 % des enfants en France sont considérés comme HPI, mais nombre d’entre eux ne sont jamais identifiés ni accompagnés.
Son entourage n’exprime en tout cas aucune inquiétude. « La vraie question, ce n’est pas si elle réalisera ses rêves, mais à quel âge elle les réalisera », sourit son père.