La mention « bio » reste un puissant argument commercial, mais elle n’est pas toujours utilisée dans les règles. Les derniers contrôles de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes montrent que les anomalies restent nombreuses dans les produits présentés comme issus de l’agriculture biologique. Dans ses contrôles menés ces dernières années, la DGCCRF relève un taux d’anomalies d’environ 30 % parmi les professionnels ciblés, un niveau resté globalement stable.
Les irrégularités concernent d’abord l’absence de certification obligatoire, mais aussi des étiquetages incomplets, des mentions d’origine erronées ou des pratiques commerciales susceptibles d’induire le consommateur en erreur. Les enquêteurs ont notamment constaté des produits présentés comme entièrement biologiques alors que certains ingrédients ne l’étaient pas, ou encore l’utilisation du logo AB sans indication correcte de l’organisme certificateur ou de l’origine des matières premières.
Des mentions « bio » parfois utilisées sans certification
Le problème ne concerne pas seulement les produits vendus en magasins spécialisés. Dans la restauration et les plats cuisinés, la DGCCRF a également relevé l’utilisation abusive de mentions valorisantes comme « bio », « local » ou « artisanal ». Lors d’une enquête menée auprès de 248 établissements et 46 sites internet, plus de la moitié des professionnels contrôlés présentaient au moins une anomalie, et 20 % des dossiers ont donné lieu à une mesure corrective ou à des poursuites.
La restauration collective n’est pas épargnée. Des contrôles menés dans les cantines ont mis en évidence des références abusives à l’agriculture biologique ou au Label Rouge, avec notamment des produits annoncés comme bio alors que les justificatifs ou les conditions de certification n’étaient pas réunis. Dans certains établissements, la Répression des fraudes a ainsi relevé des pratiques commerciales trompeuses liées à l’origine, à la qualité ou au mode de production des aliments servis.
Un label strictement encadré
La réglementation européenne fixe pourtant des règles précises. Pour qu’un produit puisse utiliser les termes « biologique » ou « bio » dans sa dénomination, il doit notamment contenir au moins 95 % d’ingrédients agricoles certifiés biologiques. L’étiquetage doit également faire apparaître le numéro de l’organisme certificateur et l’origine des matières premières agricoles.
Pour la Répression des fraudes, ces contrôles sont essentiels pour préserver la confiance accordée au label biologique. Le surcoût fréquemment associé aux produits bio rend en effet le secteur particulièrement exposé aux pratiques trompeuses. Les autorités rappellent donc que la crédibilité du marché repose autant sur la certification que sur la traçabilité et la véracité des informations affichées au consommateur.

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