Alors que le gazole a atteint un niveau record de 2,41 euros le litre en France, le ministre des PME Serge Papin a pris la défense du groupe pétrolier Total, ciblé par la gauche pour ses marges jugées excessives depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient.
Le prix du gazole a franchi dimanche un seuil inédit en France, à 2,41 euros le litre en moyenne nationale. Face à cette flambée, le ministre des PME et du Commerce Serge Papin a choisi, mercredi sur BFMTV-RMC, de défendre la position de Total plutôt que de céder aux pressions réclamant une taxation ou un blocage des marges du groupe. « Je n’ai pas envie de les embêter », a-t-il déclaré, soulignant sa volonté de maintenir un « front commun » entre l’État et les distributeurs pour protéger le pouvoir d’achat des consommateurs. Le ministre a notamment salué le plafonnement des prix à la pompe mis en place par Total depuis mars, qui permet de trouver du gazole à 2,25 euros dans les stations du groupe, et a dit souhaiter que cette mesure soit reconduite.
Total chiffre le coût de ce dispositif à « entre 250 et 300 millions d’euros » depuis son instauration, selon son PDG Patrick Pouyanné. Le groupe soutient par ailleurs que ses activités de raffinage et de pétrochimie sont « structurellement peu rentables » en France, et met en avant le maintien de capacités de raffinage sur le territoire national au nom de la sécurité d’approvisionnement.
La gauche réclame une taxation des superprofits
Plusieurs responsables politiques de gauche contestent vigoureusement cette lecture. Raphaël Glucksmann a accusé le gouvernement de ne pas vouloir « heurter » Patrick Pouyanné en s’opposant à une initiative portée par six pays européens, dont l’Allemagne et l’Italie, visant à taxer les superprofits des entreprises pétrolières. La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a démenti ce blocage, rappelant que le Premier ministre Sébastien Lecornu n’avait « pas d’objection de principe » à cette proposition.
Jean-Luc Mélenchon a dénoncé « une sorte de racket qui est fait sur la population française », tandis que le candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel est allé jusqu’à comparer Patrick Pouyanné à Louis Renault, figure de la collaboration industrielle sous l’Occupation, pour défendre un blocage des marges. Le débat porte également sur les certificats d’économie d’énergie, un mécanisme pointé du doigt par plusieurs candidats à la présidentielle : Serge Papin s’est dit « favorable à un débat » sur le sujet, sans s’engager davantage.

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