Les droits de douane instaurés par Donald Trump encouragent plusieurs constructeurs à augmenter leur production aux États-Unis. Les extensions d’usines et les transferts d’assemblage se multiplient, sans provoquer pour l’instant une forte hausse de l’activité. La politique commerciale américaine produit ainsi deux effets : elle rend certaines importations plus coûteuses, tout en compliquant les décisions d’investissement par l’incertitude qu’elle entretient.
General Motors a annoncé environ 4 milliards de dollars d’investissements dans ses installations américaines, notamment dans le Michigan, le Kansas et le Tennessee. Toyota prévoit une extension de 3,6 milliards de dollars à San Antonio, au Texas, avec une deuxième ligne d’assemblage destinée au pick-up Tacoma. Le projet doit créer 2 000 emplois et permettre le transfert, sur environ quatre ans, de la production actuellement réalisée dans son usine de Basse-Californie, au Mexique.
L’emploi progresse, sans retrouver son précédent sommet
L’industrie automobile américaine comptait près de 1,8 million de salariés en septembre 2026. Après le recul enregistré en 2025, les effectifs sont repartis à la hausse et dépassent de près de 1 % leur niveau de janvier 2025. Ils restent toutefois inférieurs de plus de 2 % au sommet atteint en juillet 2024. La reprise de l’emploi demeure donc modérée malgré les investissements annoncés.
La production américaine devrait rester proche de 10 millions de véhicules en 2026. Les projections envisagent environ 11,3 millions d’unités en 2030, lorsque plusieurs projets industriels auront gagné en capacité. Chez Toyota, l’extension de San Antonio doit doubler la superficie du site à cet horizon. Ce calendrier illustre le délai nécessaire entre une décision d’investissement, la construction des équipements et leur mise en production.
Les équipementiers confrontés aux surcoûts et aux changements de règles
Les fournisseurs de pièces et de technologies, qui emploient quelque 930 000 personnes aux États-Unis, subissent davantage les perturbations commerciales. Leurs investissements sont passés de plus de 8 milliards de dollars au premier trimestre 2025 à environ 600 millions lors de chacun des deux trimestres suivants, avant de se redresser partiellement. Les surcoûts douaniers et les changements de politique concernant les véhicules électriques compliquent leur planification.
L’incertitude entourant l’accord commercial entre les États-Unis, le Canada et le Mexique pèse également sur les projets. Les entreprises doivent organiser leurs approvisionnements et leurs capacités de production sur plusieurs années, alors que les règles peuvent évoluer rapidement. Dans ce contexte, la maîtrise des dépenses, l’automatisation et la robotique prennent une place croissante. Les relocalisations annoncées pourraient augmenter la production nationale, mais leur effet sur l’emploi dépendra aussi des technologies retenues dans les usines.

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