Le « cancer de la cheville » ne correspond pas à une maladie unique, mais à plusieurs tumeurs susceptibles de se développer autour de cette articulation. Elles peuvent toucher les os, notamment l’extrémité du tibia, le péroné ou le talus, mais aussi les muscles, les tendons, les nerfs, les vaisseaux sanguins et la peau. Les cancers primitifs des os, comme l’ostéosarcome ou le sarcome d’Ewing, et les sarcomes des tissus mous restent rares. Une lésion cancéreuse située à la cheville peut également correspondre à une métastase provenant d’un cancer apparu dans un autre organe. Une douleur dans cette région est donc très rarement synonyme de cancer et s’explique bien plus souvent par une entorse, une tendinite, de l’arthrose, une infection ou une autre affection bénigne.
Certains signes doivent néanmoins inciter à consulter, surtout lorsqu’ils persistent ou s’aggravent. Une douleur osseuse profonde, parfois plus forte la nuit, un gonflement inexpliqué, une masse dure qui augmente progressivement de volume, une raideur ou une diminution de la mobilité peuvent attirer l’attention. Une boiterie, une difficulté croissante à prendre appui sur le pied ou, plus rarement, une fracture survenue après un traumatisme léger peuvent aussi révéler une fragilisation de l’os. Une tache cutanée nouvelle ou un grain de beauté qui change d’apparence autour de la cheville doit également être examiné afin d’écarter un mélanome. Aucun de ces symptômes ne permet toutefois d’établir seul un diagnostic de cancer.
De l’imagerie à la biopsie, un diagnostic en plusieurs étapes
Le médecin commence par interroger le patient sur l’ancienneté de la douleur, son évolution, les éventuels traumatismes et la présence d’une masse. Une radiographie peut mettre en évidence une anomalie osseuse, tandis qu’une échographie permet d’étudier certaines masses superficielles. L’IRM est particulièrement utile pour observer les tissus mous, déterminer les rapports de la tumeur avec les muscles, les tendons, les nerfs et les vaisseaux, puis préparer une éventuelle opération. Un scanner ou d’autres examens peuvent être prescrits pour rechercher une extension de la maladie. Seule une biopsie, réalisée selon un trajet soigneusement planifié par une équipe spécialisée, permet généralement de confirmer la nature cancéreuse de la lésion et d’en préciser le type.
La prise en charge dépend du cancer identifié, de sa taille, de son agressivité et de son éventuelle propagation. La chirurgie vise à retirer complètement la tumeur tout en conservant autant que possible la mobilité et la fonction du pied. Elle peut être associée à une chimiothérapie ou à une radiothérapie selon le type de sarcome. Une reconstruction osseuse ou des tissus mous et une rééducation peuvent ensuite être nécessaires. Plus la maladie est diagnostiquée tôt, plus les possibilités de traitement conservateur sont importantes. Une douleur persistante, une masse qui grossit ou un gonflement sans cause claire doivent donc conduire à consulter, sans conclure soi-même à un cancer ni retarder l’évaluation médicale.
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