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Mort de Jean-François Leroy à 69 ans. La figure du photojournalisme emportée par un cancer

Mort de Jean-François Leroy à 69 ans. La figure du photojournalisme emportée par un cancer
Mort de Jean-François Leroy à 69 ans. La figure du photojournalisme emportée par un cancer

Jean-François Leroy, figure incontournable du photojournalisme français et fondateur du festival Visa pour l’Image de Perpignan, est mort ce lundi à l’âge de 69 ans. Il est décédé des suites d’un cancer, à son domicile parisien, entouré de ses proches. Sa disparition frappe de plein fouet le monde de la photographie de presse alors que la 38e édition du festival qu’il avait créé en 1989 vient tout juste de débuter à Perpignan. Pour la première fois depuis la création de Visa pour l’Image, Jean-François Leroy n’avait pas assisté à l’inauguration de l’événement, organisée samedi 29 août. Très affaibli par la maladie, il avait néanmoins continué à travailler sur cette nouvelle édition. Delphine Lelu, directrice générale de Visa pour l’Image, a expliqué qu’il avait participé « de A à Z à la préparation » de cette 38e édition.

Près de 40 ans à défendre le photojournalisme

Né le 3 octobre 1956, Jean-François Leroy découvre très jeune la photographie. Une tante travaillant à La Vie catholique lui permet de fréquenter le laboratoire photographique du magazine. Après de brèves études de médecine, il se tourne définitivement vers l’image et le journalisme. Il travaille dans plusieurs titres spécialisés, notamment Photo-Reporter, Le Photographe et Photo-Revue, puis devient rédacteur en chef de Photo Magazine entre 1984 et 1987. Il passe également par l’agence Sipa Press et travaille en 1988 comme agent de la photographe Dominique Issermann. Rapidement, Jean-François Leroy comprend que sa place se trouve moins derrière l’appareil photographique que dans la défense et la mise en valeur du travail des photoreporters. Une vocation qui va prendre une dimension internationale à partir de 1989.

Visa pour l’Image, l’œuvre de sa vie

Cette année-là, Jean-François Leroy participe à la création à Perpignan de Visa pour l’Image, notamment avec le soutien de Roger Thérond, alors patron de Paris Match. La première édition pose les bases d’une formule qui restera largement inchangée : des expositions accessibles gratuitement au public, des projections, des rencontres professionnelles, des prix et une place centrale accordée aux photographes couvrant guerres, crises politiques, catastrophes, bouleversements sociaux et grands événements internationaux. Au fil des éditions, Visa pour l’Image devient l’un des principaux rendez-vous mondiaux du photojournalisme. Des photographes venus du monde entier s’y retrouvent chaque année à la fin de l’été. Le festival permet également de montrer au grand public des reportages parfois difficiles à publier intégralement dans la presse. Jean-François Leroy y défend une conception exigeante de la photographie d’information : montrer les faits, privilégier le terrain et donner une place aux reporters qui prennent parfois des risques considérables pour documenter l’actualité. Cette conception du métier avait également placé le festival au cœur de controverses, notamment lorsque Jean-François Leroy avait défendu l’indépendance du jury face au refus du maire de Perpignan Louis Aliot de remettre en 2024 un prix au photographe gazaoui Loay Ayyoub.

Une voix très critique face à la crise de la photographie de presse

Pendant près de quatre décennies, Jean-François Leroy n’a jamais caché son inquiétude face à l’affaiblissement économique du photojournalisme. Disparition de grandes agences, réduction des budgets des rédactions, baisse des commandes et difficultés croissantes pour financer les reportages : il dénonçait régulièrement les conditions de travail de plus en plus précaires des photographes. Visa pour l’Image était aussi devenu un moyen concret de soutenir la profession. Plusieurs prix et bourses étaient décernés chaque année afin de permettre à des photographes de poursuivre leurs projets ou de financer de nouveaux reportages. Cette volonté de défendre la photographie documentaire rejoint le travail de grandes figures du métier, comme le photoreporter Jacques Boissay, disparu en janvier dernier. Jean-François Leroy avait également accompagné plusieurs générations de photographes, des grands noms du XXe siècle aux jeunes reporters venus présenter pour la première fois leur travail à Perpignan.

Il avait préparé jusqu’au bout l’édition 2026

Malgré son cancer, Jean-François Leroy était resté pleinement impliqué dans l’organisation de Visa pour l’Image. Hospitalisé ces derniers mois, il avait encore accordé un entretien au mois de juin et préparé la programmation de l’édition 2026. Sa famille et l’équipe du festival ont annoncé sa disparition lundi matin. « Toute l’équipe de Visa pour l’Image – Perpignan et toute la famille de Jean-François Leroy ont la tristesse de vous annoncer la mort, ce lundi 31 août au matin, du fondateur et directeur historique du festival international du photojournalisme », indique le message publié après son décès. Pour Delphine Lelu, Jean-François Leroy était « l’âme de ce festival », qu’il avait porté depuis sa naissance. « Il nous laisse un grand héritage. Il a toujours voulu que Perpignan soit un phare pour les photojournalistes, on va faire en sorte que le festival continue de briller », a-t-elle déclaré.

Visa pour l’Image perd son fondateur historique

La 38e édition de Visa pour l’Image se poursuit donc sans celui qui en était le visage depuis 1989. Une absence particulièrement symbolique pour un événement auquel Jean-François Leroy avait consacré l’essentiel de sa vie professionnelle. Pendant près de quarante ans, il aura fait de Perpignan un lieu de rencontre entre photographes, rédactions, agences et public, tout en défendant une conviction restée intacte jusqu’à ses derniers mois : la photographie de presse demeure indispensable pour montrer et documenter le monde. Jean-François Leroy avait 69 ans.

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