POLITIQUE

«Nègre», «bougnoule»: un policier municipal proche du RN suspendu par le parti après des propos sidérants

« Nègre », « bougnoule » : un policier municipal proche du RN suspendu par le parti après des propos sidérants
« Nègre », « bougnoule » : un policier municipal proche du RN suspendu par le parti après des propos sidérants

Le Rassemblement national a suspendu de ses fonctions au sein de son service d’ordre un brigadier-chef de la police municipale de Carcassonne, après la révélation de propos racistes, misogynes, complotistes et putschistes tenus lors d’une patrouille en novembre 2025. L’affaire, révélée par Midi Libre cette semaine, a provoqué une vague de réactions politiques et une enquête judiciaire est en cours.

Le policier, ancien militaire âgé d’une cinquantaine d’années, avait involontairement laissé sa caméra-piéton allumée pendant près de six heures de patrouille. Les enregistrements font entendre une succession de propos particulièrement violents, visant notamment des personnes d’origine maghrébine ou africaine, mais aussi des femmes et différentes minorités. Un collègue participe également à certains échanges.

Le RN promet une « sanction exemplaire »

L’homme prêtait par ailleurs main-forte au Département protection sécurité, le service d’ordre du Rassemblement national, et avait notamment participé à des événements du parti. Après la diffusion des images, la direction du RN a annoncé sa suspension de ce service. Sur BFMTV, le député Laurent Jacobelli s’est dit « outré » et a estimé que le policier devait être démis de ses fonctions municipales et exclu du parti.

À gauche, les réactions ont été immédiates. Carole Delga s’est dite « écœurée » et a réclamé des sanctions, tandis qu’Olivier Faure a appelé à ne pas « donner les clés de la France au RN » en 2027. Antoine Léaument a directement interpellé Marine Le Pen et Jordan Bardella, et Jérôme Guedj a demandé la suspension de l’agrément du policier municipal.

Une enquête judiciaire déjà ouverte

Le parquet de Carcassonne avait ouvert une enquête dès janvier 2026, après que les images eurent été découvertes. La mairie avait également engagé une enquête administrative à l’automne 2025. Les investigations devront notamment déterminer les responsabilités individuelles et les éventuelles suites pénales ou disciplinaires.

L’affaire place aussi le maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès, sous forte pression politique. Plusieurs responsables de gauche lui reprochent de ne pas avoir réagi plus tôt publiquement, tandis que le RN cherche désormais à couper rapidement les liens avec le brigadier-chef mis en cause. Le parti de Marine le Pen, qui condamne fermement les déclarations enregistrées, tente de contenir une polémique devenue nationale.

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