Olivier Faure durcit le ton à quelques jours de la présentation du projet de budget pour 2027. Le premier secrétaire du Parti socialiste prévient que son groupe votera la censure si le gouvernement de Sébastien Lecornu maintient ses orientations actuelles. « Si rien ne change, nous censurerons », affirme le député de Seine-et-Marne, qui considère que les conditions ayant permis au PS de ne pas renverser le gouvernement lors du précédent budget ne sont plus réunies. Les socialistes avaient accepté de négocier sur le budget 2026 après avoir obtenu plusieurs concessions, notamment sur les retraites, la prime d’activité ou le repas étudiant à un euro.
Cette année, les divergences sont nettement plus importantes. Le gouvernement prévoit un effort budgétaire de 54 milliards d’euros afin de ramener le déficit public autour de 5 % du PIB en 2027. Le PS conteste plusieurs orientations et a présenté son propre contre-budget, reposant davantage sur une hausse des recettes et une taxation accrue des patrimoines les plus élevés. Boris Vallaud, président des députés socialistes, a déjà qualifié les premières orientations gouvernementales de « provocation » et estime qu’elles risquent d’aggraver la crise économique et sociale.
Le compromis de 2026 paraît beaucoup plus difficile à reproduire
Sébastien Lecornu tente pourtant de rouvrir le dialogue. Matignon a proposé aux parlementaires socialistes de reprendre les discussions en rappelant que le compromis obtenu pour le budget précédent avait nécessité des concessions réciproques. Mais le contexte politique s’est profondément modifié à moins de sept mois de l’élection présidentielle. Le PS prépare sa propre primaire et cherche à afficher plus clairement son opposition au gouvernement, tandis que les autres formations de gauche ont déjà annoncé leur intention de soutenir ou de déposer une motion de censure. Boris Vallaud avait lui-même jugé dès la mi-septembre « vraisemblable » que les députés socialistes votent cette fois contre l’exécutif.
La bataille budgétaire pourrait donc devenir l’un des derniers grands affrontements parlementaires avant la présidentielle de 2027. L’absence de majorité absolue oblige toujours le gouvernement à rechercher des compromis pour éviter une censure, mais les marges de manœuvre se réduisent à mesure que l’élection approche. Le scénario d’un blocage prolongé n’est d’ailleurs plus seulement théorique : des parlementaires et l’administration ont étudié l’hypothèse d’une loi spéciale permettant à l’État de fonctionner temporairement sans nouveau budget, même si l’Inspection générale des finances a alerté sur les risques d’une telle situation si elle devait durer plusieurs mois.

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