Les rebelles houthis ont pris le contrôle de la ville portuaire de Mokha jeudi, leur plus grande conquête territoriale depuis la trêve onusienne de 2022. Cette avancée ravive les craintes d’un retour à la guerre civile au Yémen.
Mokha est tombée aux mains des Houthis. La milice soutenue par l’Iran a capturé cette ville portuaire du sud-ouest du Yémen, qui était jusqu’alors tenue par des forces loyales au gouvernement internationalement reconnu. La cité se trouve à environ 80 kilomètres du détroit de Bab el-Mandeb, passage maritime crucial séparant la mer Rouge du golfe d’Aden.
La prise de Mokha constitue le gain territorial le plus significatif des Houthis depuis la trêve négociée sous l’égide de l’ONU en 2022. Elle intervient après plusieurs mois de regain des combats entre les rebelles et le gouvernement yéménite, une rupture avec quatre années de calme relatif. Les Houthis cherchent à consolider leur emprise sur le littoral du pays.
Le porte-parole houthi Abdulsalam a assuré que la liberté de navigation et le commerce international en mer Rouge restaient « sûrs », précisant que les opérations militaires demeuraient « limitées à des cibles spécifiques ». La milice avait pourtant ciblé par le passé des navires commerciaux dans ces eaux, invoquant sa solidarité avec les Palestiniens de Gaza.
Parallèlement, les Houthis ont accusé l’Arabie saoudite d’avoir mené dix frappes sur le district de Dhubab, dans la province de Taiz, au sud-ouest du pays. Dhubab se situe juste au sud de Mokha.
La mer Rouge revêt une importance accrue depuis que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a été perturbé par le conflit opposant les États-Unis à l’Iran, provoquant une flambée des prix mondiaux du pétrole. Tout incident supplémentaire dans cette zone pourrait aggraver les tensions sur les marchés énergétiques.
Les Houthis contrôlent déjà la capitale Sanaa ainsi qu’une grande partie des régions septentrionales et occidentales du Yémen, les plus peuplées. Le gouvernement reconnu par la communauté internationale siège à Aden, dans le sud, et bénéficie du soutien de Riyad. La guerre civile yéménite a fait plus de 150 000 morts et plongé une partie de la population au bord de la famine.

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