Boris Nadejdine, l’une des dernières voix critiques du Kremlin encore audibles depuis la Russie, a annoncé son départ du pays depuis Paris en début de semaine. Il renonce à participer aux élections législatives russes prévues en septembre.
C’est devant la Tour Eiffel que Boris Nadejdine a choisi de donner signe de vie. « Vivant et en liberté », a-t-il déclaré depuis la capitale française, après avoir annoncé son départ de Russie. L’opposant, qui figurait parmi les rares critiques du Kremlin encore capables de s’exprimer sur le territoire russe, cède ainsi à une pression des autorités qu’il décrit comme croissante.
Sa décision de renoncer aux élections législatives de septembre prochain marque la fin d’une présence politique intérieure que beaucoup considéraient déjà comme fragile. Son exil illustre un mouvement plus large : celui d’une opposition russe contrainte de se structurer hors de ses frontières.
C’est dans ce contexte qu’Olga Prokopieva, vice-présidente du parti Russie Pacifique, fondé en exil à Berlin le 14 juin dernier, décrit une stratégie délibérée de Moscou. « La Russie fait tout pour mettre la pression sur ceux qui sont partis », affirme-t-elle. Ancienne directrice de l’association Russie-Libertés, elle dirige désormais ses activités depuis l’étranger.
La France, où Nadejdine a choisi de s’exprimer, n’est pas un choix anodin. Paris tente lui-même de contenir les tentatives d’ingérence russe à moins d’un an de l’élection présidentielle française, ce qui place ce départ sous un double éclairage politique.
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