L’armée américaine a annoncé avoir commencé le transfert de détenus de l’État islamique depuis la Syrie vers l’Irak, dans un contexte de bouleversement sécuritaire majeur dans le nord-est syrien. Selon un communiqué publié mercredi, 150 combattants de l’organisation jihadiste ont déjà été évacués d’un centre de détention situé à Hassaké vers un site sécurisé en territoire irakien.
Cette opération intervient après l’effondrement rapide des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, qui assuraient jusqu’ici la garde d’une douzaine de prisons et de camps abritant des milliers de membres présumés de l’État islamique ainsi que leurs familles. Leur recul a fait craindre une perte de contrôle sur ces installations sensibles.
Dans son communiqué, le commandement américain précise que jusqu’à 7 000 détenus de l’État islamique pourraient, à terme, être transférés vers des infrastructures sous contrôle irakien. « Nous travaillons en étroite coordination avec nos partenaires régionaux, notamment le gouvernement irakien, afin d’assurer la défaite durable de Daech », a déclaré l’amiral Brad Cooper, chef des forces américaines au Moyen-Orient.
Ce transfert s’inscrit dans un contexte politique et militaire tendu. Damas a annoncé mardi un cessez-le-feu avec les forces kurdes, après avoir repris de vastes portions du nord-est syrien. Les autorités syriennes ont accordé quatre jours aux FDS pour accepter leur intégration complète au sein de l’État central, une option que leur principal allié, les États-Unis, les ont exhortées à envisager.
Les avancées rapides du gouvernement syrien et le retrait apparent du soutien américain au maintien du contrôle territorial des FDS constituent le changement de rapport de force le plus important depuis la chute de l’ancien président Bachar al-Assad, renversé par une offensive rebelle il y a un peu plus d’un an. Dans ce contexte, Washington cherche désormais à sécuriser le sort des détenus de l’État islamique afin d’éviter toute évasion massive ou résurgence du groupe dans une région déjà fragilisée.