Le 2 août 1358, le dauphin Charles fait sa rentrée dans Paris, quelques jours après l’assassinat du prévôt des marchands Étienne Marcel, accusé d’avoir cherché à livrer la capitale aux troupes bourguignonnes alliées aux Anglais. Cet épisode marque la fin de la première grande guerre civile traversée par le royaume de France.
Un royaume fragilisé par la captivité du roi
Depuis la défaite de Poitiers en 1356, où le roi Jean II le Bon avait été capturé par les Anglais, le royaume de France se retrouve dirigé par son fils aîné, le dauphin Charles, alors âgé d’à peine dix-huit ans. Profitant de cette vacance du pouvoir royal, Étienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, s’impose comme le chef d’une révolte urbaine réclamant des réformes profondes de l’administration du royaume, allant jusqu’à faire assassiner sous les yeux du dauphin deux de ses maréchaux en février 1358.
Cette agitation parisienne se double, la même année, du soulèvement paysan connu sous le nom de Jacquerie, qui embrase les campagnes du nord du royaume avant d’être durement réprimé par la noblesse.
La fin d’une révolte scellée par un assassinat
Cherchant des appuis pour asseoir son pouvoir face au dauphin, Étienne Marcel finit par se tourner vers Charles le Mauvais, roi de Navarre, allié objectif des Anglais dans le conflit qui deviendra la guerre de Cent Ans, et envisage de lui ouvrir les portes de la capitale. Ce rapprochement jugé trop compromettant lui coûte la vie : il est tué le 31 juillet 1358 par des Parisiens restés fidèles au dauphin, emmenés par le prévôt Jean Maillart.
Deux jours plus tard, le 2 août, le dauphin Charles peut ainsi rentrer dans une capitale pacifiée, reprenant durablement en main l’autorité royale. Devenu roi sous le nom de Charles V en 1364, il restera dans l’histoire comme l’un des souverains qui contribuèrent le plus à restaurer la puissance de la monarchie française après les grandes crises du milieu du XIVe siècle.
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