À deux jours des élections législatives, la Suède entre dans les dernières heures d’une campagne particulièrement serrée. Plus de huit millions d’électeurs sont appelés aux urnes dimanche 13 septembre pour renouveler les 349 sièges du Riksdag. Le premier ministre conservateur Ulf Kristersson espère obtenir un deuxième mandat face à l’ancienne cheffe du gouvernement Magdalena Andersson, dont les sociaux-démocrates restent la première force politique du pays. Longtemps donnée largement gagnante, l’opposition de centre gauche a vu son avance se réduire au cours des dernières semaines.
Un sondage Novus publié mercredi donne 50,7 % aux quatre formations du bloc de centre gauche, contre 48,1 % à la coalition gouvernementale et aux Démocrates de Suède. Les sociaux-démocrates recueillent 26,6 % des intentions de vote, devant les Démocrates de Suède à 19,3 % et les Modérés d’Ulf Kristersson à 16,6 %. L’une des évolutions déterminantes concerne les Libéraux, crédités de 5,8 %, désormais nettement au-dessus du seuil de 4 % nécessaire pour siéger au Parlement. Leur maintien au Riksdag redonne au camp gouvernemental l’espoir de conserver le pouvoir.
Les Démocrates de Suède au cœur du scrutin
L’enjeu majeur du vote concerne la place des Démocrates de Suède de Jimmie Åkesson. Depuis 2022, le parti nationaliste et anti-immigration soutient au Parlement le gouvernement minoritaire de Kristersson sans disposer de ministres. Cette fois, le premier ministre s’est dit prêt à lui ouvrir les portes du gouvernement en cas de victoire de la droite. Le scrutin pourrait donc permettre aux Démocrates de Suède d’accéder pour la première fois directement au pouvoir exécutif, après quatre années durant lesquelles leur soutien a déjà pesé sur le durcissement des politiques migratoires et sécuritaires.
Face à ce bloc de droite, Magdalena Andersson fait campagne sur la défense de l’État-providence, le financement des services publics, la croissance et la réduction des inégalités. Mais une victoire électorale ne lui garantirait pas une majorité gouvernementale stable : sociaux-démocrates, écologistes, Parti de gauche et Parti du centre restent divisés sur plusieurs dossiers, notamment la fiscalité et l’énergie. À droite, Ulf Kristersson met en avant son bilan contre la criminalité et défend la constitution d’une majorité plus homogène. Après quatre années de coopération avec les Démocrates de Suède, le résultat de dimanche déterminera ainsi non seulement le prochain premier ministre, mais également la place que la droite nationaliste occupera désormais dans le pouvoir suédois.

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