Invité dimanche sur BFMTV, Gabriel Attal a lancé une violente charge contre Marine Le Pen et le Rassemblement national sur leurs relations avec la Russie. Le candidat à la présidentielle affirme que le RN a « toujours défendu assidûment les intérêts du régime de Vladimir Poutine » et va jusqu’à présenter Marine Le Pen comme « la candidate de la Russie ». Une attaque qui intervient quelques jours après la polémique provoquée par la volonté affichée par Louis Aliot de « couper le robinet » de l’aide française à l’Ukraine en cas d’arrivée du RN au pouvoir.
« Si Marine Le Pen avait été élue en 2022, la France ne serait pas en train de soutenir la résistance ukrainienne, elle serait en train de livrer des armes aux Russes », a accusé Gabriel Attal. L’ancien Premier ministre rappelle notamment les positions prises par des élus RN sur l’annexion de la Crimée, les votes du parti sur certaines aides et sanctions européennes ainsi que son refus, en mars 2024, d’approuver à l’Assemblée nationale l’accord bilatéral de sécurité conclu entre Paris et Kiev.
Le RN veut limiter fortement l’aide à Kiev
La question ukrainienne s’est réinstallée au cœur de la campagne cette semaine. Jeudi, le vice-président du RN Louis Aliot a répondu « on coupe le robinet » lorsqu’il a été interrogé sur l’aide à Kiev, estimant que la France n’avait plus les moyens de continuer à financer des armes alors que ses propres services publics étaient en difficulté. La déclaration a provoqué une polémique immédiate, notamment avec Édouard Philippe. Marine Le Pen a de son côté défendu la recherche d’un règlement diplomatique et rejeté les accusations de complaisance envers Moscou.
Jordan Bardella a toutefois nuancé la position dès samedi : le président du RN assure que la France continuerait à soutenir l’Ukraine, notamment par une aide humanitaire, de formation et un « soutien militaire défensif », à condition que les livraisons ne fragilisent pas les stocks français. Il refuse en revanche de « financer la guerre ad vitam æternam » et estime que les nouvelles aides financières doivent être assorties de garanties. C’est dans ce contexte que Gabriel Attal attaque désormais frontalement Marine Le Pen sur l’un des dossiers internationaux les plus sensibles de la campagne présidentielle.

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