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TotalEnergies prépare la reconduction de Patrick Pouyanné pour prolonger sa stratégie à deux piliers

TotalEnergies prépare la reconduction de Patrick Pouyanné pour prolonger sa stratégie à deux piliers
TotalEnergies prépare la reconduction de Patrick Pouyanné pour prolonger sa stratégie à deux piliers

Le conseil d’administration de TotalEnergies a décidé de proposer à l’assemblée générale de mai 2027 le renouvellement du mandat de Patrick Pouyanné, président-directeur général du groupe. Son mandat actuel d’administrateur court jusqu’en 2027. Le conseil a également choisi de maintenir le cumul des fonctions de président et de directeur général, qu’il juge adapté au fonctionnement du groupe, avec en contrepoids un administrateur référent indépendant. La décision a été prise à l’issue du séminaire stratégique annuel des 23 et 24 septembre, au cours duquel les administrateurs ont réaffirmé à l’unanimité la stratégie fondée sur deux piliers, « Oil & Gas » et « Integrated Power ».

Cette reconduction annoncée très en amont traduit une volonté de stabilité au moment où TotalEnergies doit conduire simultanément deux transformations complexes. D’un côté, le groupe continue d’investir dans le pétrole, le gaz et surtout le GNL, qu’il considère comme indispensables à la croissance de sa production et à sa génération de cash-flow. De l’autre, il cherche à devenir un acteur beaucoup plus important de l’électricité, en développant les renouvelables, les centrales flexibles et les activités intégrées de production, de stockage et de commercialisation. La direction continue d’assumer cette stratégie hybride plutôt qu’un basculement rapide vers un modèle exclusivement électrique.

Une continuité destinée à sécuriser une transformation industrielle de long terme

Patrick Pouyanné dirige le groupe depuis 2014 et en est président-directeur général depuis 2015. Sous sa direction, Total est devenu TotalEnergies et a profondément élargi son périmètre au-delà des hydrocarbures. En 2025, le groupe a investi 17,1 milliards de dollars, dont environ 3,5 milliards dans les énergies bas carbone et près de 3 milliards dans l’électricité. Pour 2026, TotalEnergies prévoit environ 15 milliards de dollars d’investissements nets, tandis que son cadre 2026-2030 prévoit entre 14 et 16 milliards par an, avec 3 à 4 milliards destinés chaque année aux activités d’électricité bas carbone. Dans le même temps, environ 35 % des investissements doivent continuer à financer de nouveaux projets pétroliers et gaziers.

Le groupe vise ainsi une croissance moyenne de sa production totale d’énergie d’environ 4 % par an jusqu’en 2030. Sa feuille de route prévoit que l’électricité prenne progressivement davantage de poids dans le portefeuille, sans pour autant marginaliser le pétrole et le gaz. TotalEnergies indique qu’en 2030, les produits pétroliers et le gaz représenteraient chacun environ 40 % de l’énergie vendue, l’électricité prenant une part croissante du solde. Cette trajectoire distingue le groupe de certains concurrents européens qui avaient annoncé des réductions plus rapides de leur exposition aux hydrocarbures avant de réviser parfois leurs ambitions. Pour TotalEnergies, la transition doit rester compatible avec la rentabilité et les distributions aux actionnaires.

Le vrai arbitrage reste celui entre croissance fossile et montée en puissance de l’électricité

La continuité de la gouvernance permet donc au conseil d’éviter une rupture au moment où plusieurs décisions structurantes doivent encore être exécutées. TotalEnergies a notamment renforcé son intégration dans l’électricité européenne avec l’accord conclu avec EPH portant sur 50 % d’un portefeuille flexible de plus de 14 GW. En parallèle, il continue à sécuriser des réserves et de nouveaux projets d’exploration-production, notamment en Afrique, aux États-Unis et en Asie. Son activité Integrated Power a généré 2,6 milliards de dollars de résultat opérationnel en 2025, mais reste encore très inférieure aux contributions cumulées du pétrole, du gaz naturel liquéfié, du raffinage et de la distribution. La transformation du groupe est donc réelle, mais son moteur financier reste encore largement lié aux hydrocarbures.

Le choix de reconduire Patrick Pouyanné revient ainsi à prolonger une stratégie déjà clairement identifiée plutôt qu’à préparer un changement de cap. Le conseil devra néanmoins convaincre les actionnaires que cette continuité reste pertinente dans un environnement où les prix de l’énergie, les politiques climatiques, la demande électrique et la rentabilité des renouvelables évoluent rapidement. La prochaine étape sera la journée investisseurs du 28 septembre à New York, au cours de laquelle Patrick Pouyanné et le comité exécutif détailleront les perspectives 2026 du groupe. Le vote de mai 2027 interviendra plus tard, mais le signal envoyé par le conseil est déjà sans ambiguïté : TotalEnergies veut poursuivre sa mutation avec la même direction et le même équilibre entre hydrocarbures et électricité.

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